19 – Marathon du Beaujolais (2022)

19ème marathon : 4:45:39 

Rien ne sert de courir….il faut s’y préparer ! Lorsque Manu me propose de participer au Marathon du Beaujolais en cette fin d’année, je mets quelques jours à lui répondre, encore « fatigué de mes deux dernières expériences « marathon » que je n’avais pas beaucoup préparés et sentant qu’il en serait sans doute de même pour celui-ci… Mais, au bout de quelques jours de réflexion une réponse positive et c’était parti pour une nouvelle échéance marathon, une nouvelle épreuve, un nouveau défi. Alors , tant bien que mal, j’essaye de m’astreindre à un minimum de préparation, et ..ce fut vraiment un minimum (je vous laisse consulter cet article sur mes préparations). 

C’est ainsi que nous partons le vendredi 18 novembre pour rejoindre un gite proche de l’arrivée du marathon du Beaujolais. Cette épopée se fera avec Manu (7 marathons ensemble déjà) Eric et Jean-Michel. Pas de prévisions d’exploits, c’est un marathon festif avant tout. 

Déguisements, musique, passage au milieu des vignes, dans les domaines et les châteaux des vignerons, des dégustations régulières possibles, mais pas obligatoires. La plaquette est belle, et elle est fidèle au ressenti d’après course. Une organisation aux petits oignons, que ce soit au niveau de la récupération du dossard, à la gestion du départ à Fleuri (25km de route au petit matin) ou encore à l’arrivée, l’après course au chaud. Il faut savoir qu’à part le marathon il y a également d’autres courses organisé en même temps, ce qui démultiplie l’ambiance, et les spectateurs ! Vraiment au top.(semi marathon, marathon-relais à 4 ou à 3, 13km), un vrai choix pour tous ce qui fait au total environ… 20.000 participants !!! — mais seulement 2041 valeureux dont…nous !

Manu, Eric, Jean-Michel, Olivier

Samedi matin, la voiture est garée, nous marchons vers le départ et à peine arrivée, la minute suivante, le départ est donné ! Nous partons tous les quatre, au milieu de cette foule bien colorée et joyeuse. Les premiers km se font dans des rues/chemins étroits et nous piétinons un peu, mais, patience, nous avons 42km à faire, nous aurons encore le temps d’accélérer.

Les 7 premiers km défilent et nous arrivons à peu près à rester ensemble, Manu donnant le rythme, à ne pas dépasser, afin de ne pas se « griller » tout de suite. Jean-Michel ronge son frein ! Nous traversons les vignobles et les châteaux, passons dans les caves des vignerons, profitons de la musique dispensée par des groupes locaux, et apprécions les ravitaillements très fournis, avec des bénévoles aux petits soins et toujours des dégustations de beaujolais possible.

Le 11ème km aura marqué une séparation des uns et des autres, plus pour des pauses techniques que physiques, chacun restant alors sur son rythme. Pour ma part j’essaye de maintenir le rythme donné par Manu. Je sens néanmoins que ce rythme, basé sur la prudence, sera trop optimiste pour moi. Et mes muscles ne vont pas tarder à me confirmer mon ressenti.

La course continue et Jean-Michel me rejoint et nous partageons les km jusqu’au semi que nous franchissons ensemble. C’est une moitié de faite et nous voilà sur « le retour ».  Mais je lui indique clairement à ce moment là, qu’il pourra continuer sans moi… les douleurs arrivent et « ma course » commence maintenant.

Même si avec un passage au semi en 2h06 il n’y a rien de dramatique en temps normal, la suite va s’annoncer compliquée. Le 28ème km marque le gros changement dans la douleur, les muscles devenant de plus en plus douloureux, les tensions étant multiples, que ce soit au niveau des mollets, des cuisses, et même de la plante des pieds (les premières crampes font leur apparitions) la suite va être très difficile.

Le passage au 30ème km se fera 1h plus tard, ce qui reste cohérent avec mon allure depuis le début de ce marathon, mais je ne le sais que trop bien, lorsque les douleurs surviennent, c’est vers le 32/33/34km que le pic arrive et c’est ainsi que cela s’est passé pour moi.

Pas de surprise, sans préparation correcte, point de miracle, même si je dois dire, j’espérais pouvoir gérer mieux que cela en diminuant mon allure de base dès le début.

J’ai commencé à alterner la marche et la course, 200 mètres de marche, 800 de course. J’en ai profité pour discuter avec d’autres coureurs en difficultés, ccertains prenant le même rythme que moi et faisant donc un bout de course à mes côtés.

A ces moments là, je dois dire que je me suis posé la question « mais qu’est ce que tu fous là ! Pourquoi encore te faire « mal » à ce point. Hé oui, je n’avais pas eu ce genre de douleurs depuis très très longtemps.

Au 35ème km, Eric arrive à ma hauteur, et sympathiquement me demande s’il doit rester à mes côtés pour m’épauler. Mais…il est fou !!!! 🙂 Je décline bien sur sa proposition, chacun sa course, et aujourd’hui c’est à mon tour d’être dans la difficulté. Je le vois donc doucement s’éloigner, tout en continuant de m’étirer, le quadriceps, ou les mollets, je ne sais plus, tout était douloureux !!

Je marche beaucoup, mon cardio n’est absolument pas à son maximum bien au contraire, mais mes muscles ne veulent plus. Je discute encore avec quelques coureurs/coureuses et les km avancent tout doucement. Même les derniers km en descente ne sont plus vraiment un plaisir, seule l’arrivée est attendue.

Le 40ème est mémorable avec une crampe des plus intense au quadriceps gauche, jambe bloquée, douloureuse et impossible à évacuer..il me faudra 3 bonnes minutes pour faire passer cela.

Nous sommes au centre ville et courons pour un dernier km dans les rues où les spectateurs donnent de la voix, c’est agréable, même si je vais très doucement, je fais attention de ne « pas cramper » au risque de voir tous mes muscles se figer, je maintiens donc une allure très basse afin de terminer et franchir cette ligne d’arrivée la tête haute. Enfin là voilà ! 

Le chrono affiche un temps plus élevé que d’habitude mais en dessous de mon temps maximum prévu (5h). La course est finie, maintenant place à la détente et au repos.

J’attends quelques minutes, Manu ne devrait pas tarder, mais la sensation de froid (transpiration oblige) me fait me diriger vers la salle réservée aux coureurs du marathon,. Je récupère ma médaille au passage et rejoins Jean-Michel et Eric qui nous attendent bien au chaud.

Manu ne tarde pas et nous voilà prêt  pour la photo des finishers

Manu, Jean-Michel, Eric et moi

Un grand bravo à  tous car Manu, malade avant la course connaissait déjà son déroulement et l’issue pour lui, moi, il en était de même mais pour un manque de préparation à cette distance et les résultats concordent avec notre forme du moment. A Eric car il a réussi à maintenir son ryhtme et son effort tout du long, et à Jean-Michel, car il signe le meilleur temps de nous quatre et son meilleur temps également. Et puis un grand bravo aussi car tous ont su trouver les ressources et sont restés dans la bonne humeur malgré tout.

Récupération active

QuiTempsClassementCercié – Au 17èmeCharentais – Au semiArnas – Au 30èmeMoyenne
Jean-Michel04:00:18458/20411:41:2202:06:5102:59:0710,44 km/h
Eric04:35:09839/20411:50:2902:21:3603:21:209,13 km/h
Olivier04:45:39989/20411:40:4602:06:5103:07:168,79 km/h
Manuel04:49:431045/20411:42:1002:10:2803:15:068,67 km/h

Photos globales

Mes photos

18 – Marathon de Paris (2022)

18ème marathon : 4:21:05 :

Encore un marathon, pas forcément prévu au programme. Mais lorsque Manu  me contacte et me propose un dossard, le sien (d’où mon identification sous son nom aussi bien sur les photos que sur la vidéo mais…c’est bien moi qui ai couru je peux vous l’affirmer 🙂 ), car il ne peut se rendre à Paris ce jour là, le réflexion fut de courte durée. Une sortie concluante sur le semi-marathon de La Wantzenau et hop me voilà embarqué … 15 jours plus tard sur cette nouvelle épreuve. Ce sera mon quatrième passage à Paris à l’occasion de ce marathon. Mieux préparé, enfin je le pense, que pour la précédente edition 2021 du mois d’octobre dernier.

La veille, départ à 12h44 en train pour la première étape indispensable, le trajet jusqu’au parc des Expositions à Paris. Dans le wagon, j’entends plusieurs conversations évoquant le marathon, je ne suis pas le seul à avoir cette destination ce week-end. A la gare de Metz, ma « nouvelle voisine » s’installe et évoque elle aussi la course du week-end. nous faisons donc plus ample connaissances en évoquant nos différentes expériences sur marathon ou autres compétitions sportives. Le temps file et nous voilà Gare de l’Est. Nous nous rendons au parc des exposition ou nous rejoignons de ses amis coureurs, tout en récupérant les dossard et en arpentant les allées interminables du parc Expo dédié au marathon. A 18h nous sortons enfin de ce lieu direction le métro afin que chacun retrouve son hôtel. Il est 20h, enfin posé à l’hôtel, les affaires prêtes pour la course du lendemain.

La nuit n’était pas des meilleures, sans doute le stress de la course et un réveil à 5h30, beaucoup trop tôt, mais on ne choisit pas toujours. LE départ est prévu pour mon sas à 9h20. J’ai vraiment du temps devant moi.

Un aperçu du volume de la préparation…

en nombre de km d’entrainement (hors le marathon)Paris 2022Paris 2021Paris 2014New-York 2015
Mois de compétition (C)6306090
Mois C-18676146124
Mois C-2534696142
Mois C-31473576143
total km292187378499
total nombre de sorties27224150
Temps réalisé04:21:0504:25:2303:37:5603:35:04

Assez parlé et rentrons dans le vif du sujet : la course.

Me voilà au départ, j’arpente les champs Elysées, puis à l’ouverture du sas voilà que je m’y engouffre et me fraye un chemin vers l’avant. Nous sommes nombreux, mais il y a de la place. Les coureurs vont partir par vagues, non seulement par rapport au temps escompté mais également dans les sas de temps, ce qui, au final me fera partir vers 9h40. Il y a du soleil, mais il fait froid et le vent est bien présent.

Toujours les mêmes question au départ…comment va se passer ma course ? Arriverais je dans le temps prévu, à savoir 3h45 ? Aurais je un pépin physique ? Mon corps va t il accepter l’effort ? Quelles vont être mes sensations de course ?

En tous les cas, être dans un sas de départ de marathon est toujours aussi grisant. Ce défi avec soi même, cet effort, ce partage avec les coureurs, avec les supporters présents tout le long de la course. Toute cette ferveur pour un évènement sportif populaire, c’est assez énorme.

Le départ est donné et je m’élance sur un rythme plus faible qu’ à l’accoutumé afin de gérer mon allure, mes efforts et reculer le plus possible les difficultés. Et …malheureusement, cette année encore, il va y en avoir.

Pourtant, je suis confiant, j’ai de bonnes sensations, je garde l’allure (5’11 du km) et les monuments, les km défilent. je conserve mes gants pendant une bonne quinzaine de km. J’arrive à l’hippodrome de Vincennes et c’est un long faux plat, exposé au vent, qui me donne des premier signes inquiétudes.

Mais je conserve l’allure, sans trop de difficulté. J’arrive même au semi avec cette même impression de gestion de course, dans mon rythme et sans trop de difficulté. Mais, expérience me l’a toujours (dé)montrée, les premières difficultés musculaires arrivent plus tard et, c’est bien ainsi que cela se passa.

Le 28ème km pointait le bout de son nez, et mes jambes tiraient déjà la sonnette alarme. les muscles se tétanisaient les uns après les autres, les quadris, puis les ischiaux, et s’ensuivirent rapidement les mollets. l’abducteur droit commençait à jouer sa musique aussi, douloureuse quand aux chevilles, elles aussi en profitaient pour se signaler. En gros, autant de signaux au rouge n’étaient pas de bonne augure pour le reste de la course.

L’allure commençait à baisser et je profitais du passage à proximité de la tour Eiffel pour à nouveau immortaliser le moment. J’ai plutôt bonne mine et le cardio et correct, mais bon sans que mes jambes me font mal.

L’idée d’abandonner fait un très rapide passage dans ma tête, mais je l’évince aussitôt. Depuis 2007 ou j’ai couru mon premier marathon, je suis toujours allé au bout de mes courses, même avec de la, souffrance, il faut serrer les dents, même si ce ne sera pas agréable, il reste 12km !

J’échanges quelques mots via les messageries instantanées avec quelques amis, et hop cela rebooste le moral et me revoilà dans la course.

Les kilomètres vont s’enchainer, avec une alternance de course, de marche, de pause pour s’alimenter, de discussions avec d’autres coureurs dans la douleur et les km finissent par avancer.

38ème, 39ème,40ème, plus que 2 km, je serre les dents et pense déjà à la ligne d’arrivée, ce franchissement de bannière, signe que je suis à nouveau finisher d’un marathon et que j’ai su aller au delà de la douleur.

M’y voilà, elle me tend les bras cette ligne, il reste encore moins d’un km, la foule encourage les coureurs, les incite à se dépasser pour les derniers mètres. J’y suis, c’est à mon tour de franchir la ligne d’arrivé. Mon chrono est bien loin de mon temps escompté, mais au final, j’ai dépassé ce stade depuis bien longtemps, mes jambes m’ayant fait comprendre aujourd’hui encore, qu’elles préféraient clairement du repos plutôt qu’un record dont elles n’ont que faire.

Il y a des moments où il faut savoir écouter son corps.

La récupération est maintenant de mise, s’alimenter, s’hydrater, se reposer et préparer la prochaine étape sportive.

Temps de passage

17 – Marathon de Paris (2021)

Arrivée Paris2021
marathonparis21-globaltemps

17ème marathon : 4:25:23 : Marathon en solo, enfin avec les 29999 autres.

Quel marathon !!! UN marathon pas comme les autres, et avant de vous faire partager ma course, je veux revenir sur la genèse de ma participation (ou non) à ce marathon de Paris.

L’inscription à ce marathon date de 2019, d’un défi de Loic afin qu’il participe à son 1er marathon. Volontaire à souhait, nous avons commencé à nous entrainer sérieusement mais la pandémie est passé par là et ce marathon a été décalé puis annulé et nous voilà en avril 2021 (date généralement retenue pour le marathon de Paris – si si…regardez mes 2 autres participations à ce marathon :-)) et il est au final décalé à octobre 2021, et une décision à prendre : participer ou non ? Loic a décliné (il a entre temps fait un marathon en solo, dans les rues de Strasbourg : bravo !)  : La question se pose donc pour moi : j’y vais ? ou j’y vais pas ?

Je réceptionne le mail de confirmation ou de refus et j’ai le « malheur » de le lire à mon fiston et de lui poser la question : que faire ? Y aller ou non ? Sa réponse fut d’une telle evidence, et avec la candeur d’un enfant que je ne pouvais faire autrement que de l’écouter…et de confirmer ma participation.

Extrait de la conversation:

  • Moi : j’y vais ? » 
  • lui : « Mais…vas y papa tu aimes ça »
  • Moi :  « mais je ne suis pas entrainé »
  • lui  : « Et bien entraine toi »……

Que dire à cela, et dans la foulée j’ai confirmé ma participation. Il y avait du temps pour le préparer c’est vrai mais…une année 2021 difficile (…), la motivation moindre, le temps qui file et les vacances ont eu raison de ma préparation et c’est avec très peu d’entraînement que je me suis présenté sur la ligne de départ. Pour vous donner un aperçu…

en nombre de km d’entrainement (hors le marathon)Paris 2021Paris 2014New-York 2015
Mois de compétition (C)306090
Mois C-176146124
Mois C-24696142
Mois C-33576143
total km187378499
total nombre de sorties224150
Temps réalisé04:25:2303:37:5603:35:04

 Qu’à cela ne tienne, je vais donc participer pour être finisher, pour ramener cette médaille à mon fils et voir ses yeux s’écarquiller de bonheur et pour moi, pour montrer qu’au final…rien n’est impossible. Difficile sans doute, mais que l’on peut supporter, surmonter les difficultés lorsqu’il y a de la volonté.

Assez parlé et rentrons dans le vif du sujet : la course. (mais il faut bien comprendre le contexte n’est ce pas ?)

Je ne m’étendrais pas sur les conditions déplorables pour récupérer le maillot aux parc des expositions porte de Versailles (3km de file d’attente !!!) c’est une première, ni sur les difficultés à trouver un plat de pâtes le soir et allons directement au dimanche matin.

Le départ pour mon sas (3h30 …bein oui…en 2019 je pensais pouvoir me préparer pour atteindre mon objectif « record ») est fixé à 9h40. Beaucoup de différentes vagues de départ cette année, conditions sanitaires oblige. Me voilà debout à 6h45, le temps de prendre un en-cas, les pépitos pépites de chocolat ont toujours la côte et de l’eau, un réveil musculaire et les incessants contrôles de matériel, de tenue (laquelle mettre :-)) et me voilà parti tranquillement vers le départ. je croise des coureurs, on échange un peu, le temps est beau, l’air pas trop chaud et le soleil est présent, en quelques sorte des conditions idéales.

Une seule inconnue, enfin…si je peu dire inconnue…comment va se passer ma course ? Vais je tenir un temps acceptable ? Vais je finir ? Mon corps va t il suivre ? Quelles vont être mes sensations de course ? Cela ne parait rien, mais, aussi bien un semi-marathon ne pose aucun problème, la gestion du double de la distance est tout autre. Et je vais rapidement en prendre conscience.

Les départ s’enchaînent et les questions continuent d’affluer dans mon esprit lors de l’attente mais il s’en dégage quand meme une sensation forte, celle d’être à nouveau dans un sas de départ d’un marathon. L’ambiance est là, les picotements à l’intérieur aussi, cette crainte de la course, cette excitation de l’épreuve, ce défi avec soit même, arpenter le bitume pendant 42km, la répétition des foulées, le souffle, l’ambiance …tout est bien là réuni. J’irai au bout !

Le décompte est lancé, c’est parti et c’est sur une foulée posée que je m’élance avec les autres coureurs, sans craintes, sans plus aucune appréhension. A ce stade, j’observe, j’écoute les encouragements des nombreux spectateurs qui sont positionnés au départ Avenue des Champs Elysée. Bine dans ma tête, prêt a accepter les efforts et le temps qui passe. Les kilomètres défilent aux travers de Paris, des places, des monuments et voilà le 7ème km qui arrive et les premiers signes….je sens que la course va être difficile. Pas de bobos mais juste une perception. Avec l’expérience on apprend à écouter son corp, à reconnaitre des sensations et là, clairement ca ne fanfaronnait pas à l’intérieur. Mais qu’importe, le mental est là et je continu sur mon rythme  de 5mn10 au km (environ 11,5m/h), ce qui est pris et pris et je gérerais le moment venu.

Les kilomètres défilent toujours , aucun problème spécifique jusqu’au …20ème km, et c’est, déjà, là que les ennuis commencent. Mon corps dit stop. Mes muscles commencent à se raidir, les jambes deviennent un peu plus lourdes (et ce n’est pas peu dire), je me fais violence en ayant pour objectif de ne pas fléchir avant…le semi donc à 21,1km et je garde donc l’allure, ce qui fait que je signe un 1h47mn47 qui correspond à 5mn06 du km pour 11,7km/h de moyenne.

Ah oui, je détaille car c’est un bon temps,  que ce soit sur semi simple et encore plus sur la première partie d’un marathon, c’est d’ailleurs les temps que je signe de manière plutôt habituelle sur mes précédents marathons et cela va dans l’esprit de mon « temps record » mais là, je savais très bien que ce n’était que de la poudre aux yeux, je savais que je ne pouvais réussir l’exploit de maintenir cette vitesse plus longtemps et c’est donc sans me poser une seule question et sans hésitation que une fois la « porte du semi » franchie, j’ai directement stoppé ma course et j’ai commencé à marcher. Quel soulagement pour mes jambes.  J’ai enchainé avec un peu d’énergie, des genres de « Haribo » au coca (mais dédié à la course, pas comme les pépitos :-)) histoire de requinquer mon  moral et mes muscles.

Le vrai défi commence. La pause Haribo n’a pas fait son effet, même au contraire, et je sais que je suis sur le « retour », que les kilomètres vont maintenant décroitre mais je sais qu’il en reste 20 et 20, c’est long lorsque l’on est dans la douleur. Il n’est pas question de ce fameux mur des 30km, non, il est juste question de manque de préparation et de douleurs sommes toutes normales lorsque le corps n’a pas eu l’habitude de ce travail, de ces efforts, de ces douleurs, de puiser dans ces ressources et d’accepter cette douleur , cette difficulté. je suis en plein dedans et je sais pourquoi. il me reste à gérer cela pendant tout le reste de la course.

Les kilomètres avancent moins vite, je passe le long des quais, sous les ponts de Paris, proche de la tour Eiffel, ou j’en profite pour sortir du rang à la stupeur des spectateurs, mais tant qu’à faire et être dans la souffrance, et ne pas savoir si je vais terminer ce marathon ou on, autant en profiter pour faire un peu de tourisme et faire quelques photos.

Abandonner…ou abandonner. Ce terme est arrivé maintes fois dans mon esprit, et maintes fois je me suis arrêté pour marcher me disant que cette fois c’était la bonne, que je ne repartirais plus, que mes jambes me lâchent, que mon moral me lache aussi, que c’en était trop. Qu’avais je à gagner ? Qu’avais je à perdre ? Strictement rien. Après 16 marathons derrière moi, je cours pour moi, je ne cours plus après le temps, je sais maintenant ce dont je suis capable avec le chrono, je connais mes limites. Les avais je atteinte aujourd’hui ? Je l’ai maintes fois cru et c’est vraiment peu dire. Les kilomètres se sont enchainés dans cet état d’esprit, dans cette manière de courir, entre marche et reprise, entre doute et volonté, entre ravitaillement complet et observation de mon entourage car je ne suis bien sur pas le seul dans la douleur.

Et dans ces moments là, de doute, de difficulté, j’en ai profité pour échanger via messagerie avec quelques proches, que je remercie au passage, car leurs mots, leurs boutades, leur foi en mes capacités font parties des éléments qui vous boostent. Et de me rappeler pourquoi j’ai choisi de m’aligner quand même sur ce départ, malgré un manque évident de préparation. Le défi, où rien n’est impossible et ramener la médaille à mon fils. 

Oui, mais pour cela il faut être finisher, il faut franchir cette ligne d’arrivée et avec cela le mot abandon n’a pas sa place. En fait, le mot abandon n’a aucune place ici, je ne suis pas blessé juste plus fragile musculairement, juste un moral un peu plus bas mais c’est tout, alors, je repars dans ce « rythme » , lent, fait de marche, de course, d’échanges avec les spectateurs et même si cela se fera dans la douleur, je franchirais cette ligne et je serais finisher.

Nous y voilà, il reste 1km, la foule se fait plus nombreuse, les applaudissements, les encouragements affluent, et compense mon absence de musique depuis le 22km, ils compensent le désagrément causé par la rupture de ma lanière de maintien de mon camelbak au 31ème km, ils compensent tous ces désagréments de course et ces douleurs, même si elle est toujours bien présente et je me motive pour courir ce dernier km. C’est dur, je marche à nouveau un peu. Le panneau 500mètres est là devant moi. Je reprends la course, mais impossible d’accélérer, les cuisses , les mollets sont au bord de la rupture et je sens la contraction présente à chaque pas, je me dois de gérer ces derniers mètres de course afin de de pas « bloquer » purement et simplement l’un de ces muscles. Ce que je fais , j’avance à l’allure d’un escargot, avec la démarche d’un robot mal huilé, mais….j’avance sous les encouragements et les applaudissements d’une foule bien présente.

Je franchi enfin cette ligne d’arrivée. 4h25 ont passé. Cette médaille est acquise. je peux enfin m’assoir, plier mes jambes, étirer un peu les muscles, sans trop faire quand meme, les douleurs étant toujours bien présente.

Hé oui, passer la ligne est une satisfaction, mais n’annihile pas les douleurs 🙂

Quelle course ! J’en suis somme toute satisfait, car malgré un manque evident de préparation, ce que je ne conseille absolument pas, et que je referais pas, j’ai terminé dans la douleur . Jamais cela ne m’était arrivé ainsi, c’est la course la plus difficile que j’ai eu à faire, mais j’en suis pleinement responsable. 

J’en profite d’ailleurs pour un message à l’adresse des amis coureurs qui sont par moments dans la difficulté, et que j’ai « entrainé avec moi » sur quelques épreuves : aujourd’hui je vous comprends alors ne minimisez pas vos performances, terminer dans ces conditions est formidable et montre une certaine volonté et capacité que l’on retrouve dans ses retranchements. Bravo !

La suite …au numéro 18.

Temps de passage
Ma montre a un peu buggé sur la distance je crois bien 🙂
Finisher
Finisher, avec la médaille

14 – Marathon de New-York (2015)

14ème marathon : 3:35:04 : classement  5422/49589

Pour un tel événement, la course ne se limite pas au simple fait de se présenter au départ, de faire son effort et de repartir satisfait ensuite, loin de là. La veille de la course le mental est prêt ou devrait l’être, la préparation a été faite dans les règles, l’esprit est en confiance, l’organisme est prêt. Le traditionnel repas de pâtes se déroule avec l’ensemble de notre troupe dans un restaurant italien juste à côté de notre hôtel, qui lui se situe non loi de Time Square. Endroit idéal. peu d’effort à fournir pour y aller et cadre agréable. Personne ne demande son reste et c’est fort logiquement que nous allons tous nous coucher tôt ce soir. Les préparatifs dans la chambre, chacun avec sa méthode….musique, stress, décontraction, boutade tout ou presque y passe. La lumière s’éteint enfin, la nuit doit être récupératrice …. elle n’en fut rien en tous les cas pour moi. Entre Manu qui « écrase » comme un ours et Pierre qui souffle comme une baleine, j’ai choisi de me coucher par terre en me bouchant les oreilles pour arriver à dormir un peu, car, bien sur j’avais bien tenté de siffler, de bouger leur lit…rien à faire. Le réveil sonne enfin…peu de sommeil mais une vrai délivrance d’arriver enfin au lever du soleil. Ha oui, il est 5h30….le petit déjeuner est prévu léger et à 6h00 avec un départ en bus à 6h30. Il faut le temps de nous emmener sur place….

QUITEMPS NEW-YORK
Olivier03:35:04
Manu04:00:51
Pierre04:12:51
Laurent04:33:46
Stéphane04:38:29
David05:02:00

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