Le Racing en eaux calmes
Sporting Schiltigheim Racing Strasbourg 0-4
STRASBOURG. Stade de la Meinau.- Mi-ternps: 0-2. Les buts : Nouma(6), Zitelli (17), Petit (66), M’Ghoghi(79) Arbiotre: M. Glochon, assisté MM. Gourdet et Gryson. 6 054 spectateurs. Temps froid. Pelouse gorgée d’eau. Avertissements : à Schilitgheim. Martinez(33) ; à Strasbourg, Nouma (81), Zitelli (80).
Schiltigheim: Michel, Boehrer, Demuth, Assant, Martinez (puis Bar), Lazarus, Fancello, Négelé – Guerre, Farschon (puis Kaminski 61) .Ent : René Kuntz
Strasbourg: Vencel – Raschke, lsmaël, Dogon, Rott – Collet (puis M’Ghoghi 63e), Okpara, Dacourt (puis Llacer, 78), Baticle – Nouma (puis Petit 60) , Zitelli. Ent: Duguépéroux.
Dans la piscine de la Meinau, les Strasbourgeois ont très vite assommé le Sporting Schiltigheim pour assurer sans frayeur leur qualification pour les 16ème de finale (4-0)
« Le match sera ce que nous en ferons ». Au bout de cinq minutes, nous serons fixés. Jacky Duguépéroux avait-il vu le film en tenant samedi ces propos prémonitoires ? Toujours est il qu’il n’a fallu guère plus de 300 secondes au Racing pour briser le rêve Schilikois.
Un corner de Zitelli, une déviation de la tête d’Ismaël au premier poteau et un pied de Nouma qui traine au second. « Le pire des scénarios pour un club amateur comme le notre » selon René Kuntz l’entraîneur de Schiltigheim. « Fatal. Mais je suis fier de mes joueurs. Ils ont fait mieux que se défendre. Ils se sont montrés vaillants, et ont, par séquences élaboré un jeu intéressant. le sporting a joué comme une bonne équipe amateur, mais le Racing s’est comporté en professionnel. Je pense que les 6000 spectateurs ont assisté à un vrai match de Coupe ».
Le but gag de Karim M’Ghoghi (absent sur notre photo). Ni Lazarus (à gauche) et Boehrer, les Schilikois, ni Baticle, le capitaine strasbourgeois (de dos), aux prises pour un étrange ballet, ne réussissent à dévier le ballon. Le rebond qui suivra sera fatal à Miche!, un peu avancé. (Photo AL – Jean-Marc Loos)
Un vrai match de Coupe ? oui et non. Oui, parce que les verts de René Kuntz n’ont jamais baissé ni les bras ni la tête. De sorte que s’ils n’ont pu quitter la pelouse les bras levés en signe de victoire, ils ont au moins pu en sortir la tête haute. «Nous n’avons pas été ridicules», souligne ainsi Nicolas Demuth, le libero schilikois, «mais c’est vrai que le premier but nous a coupé les jambes, car nous nous étions fixé pour objectif de tenir le plus longtemps possible.» La séance de travail de samedi matin n’aura donc servi à rien.
Avant-hier, pendant un long moment – et à :’instar du PS3 avant la Super Coupe d’Europe contre la Juve – les coéquipiers de Guerra avaient répété leurs gammes défensives pour, comme l’avait dit René Kuntz, « contrecarrer les coups de pied arrêtés de Zitelli. » Malgré tout le soin mis dans la préparation, les Schilikois n’ont pas davantage connu la réussite que les Parisiens mercredi. Un corner, le premier,et le rêve tant caressé s’envole. D’autant que onze minutes plus tard, Zitelli permet au Racing de mener 2-0. »J’avais demandé à mes joueurs de se montrer pro, de se comporter en adultes. Ils ont su le faire », se félicitera Jacky Duguépéroux, le coach strasbourgeois. Un vrai match de Coupe? Non, car les coéquipier de Baticle ont trop vite tué le suspens Trop vite anéantisé l’émotion. Non plus, car 6 000 personnes dans la Meinau ne résonneront jaamiss comme 1 500 au stade l’Aar ou 2 500 au stade de Frontière à Saint-Louis. Mais ce sont bien â les seules restrictions. Car pour le reste, tous les ingrédients étaient réunis. Il y a d’abord eu les duels, celui opposant par exemple Pascal Nouma, l’attaquant strasbourgeois, et Christophe Boehrer, le stoppeur de «Schilik», les deux montagnes. Choc viril, mais fair-play. Le défenseur vert, qui, toute la semaine, s’était fait chambrer par ses partenaires à l’évocation de son face à face avec le grand Pascal, est admiratif : «C’est un grand monsieur. Impressionnant pas tant par sa masse athlétique que par son timing. Sur les ballons aériens, on a l’impression qu’il reste indéfiniment en l’air. Son comportement et son attitude sont exemplaires. A la fin du match, nous avons échangé les maillots et il m’a même dit en rigolant : «Tant qu’on y est, je te donne aussi le short. Tu as tellement tiré dessus que tu peux bien le garder.» Un type vraiment super.» Il y a aussi eu de la tension. Entre Coco Farschon et Philippe Raschke, après un choc avant la mi-temps, à l’origine d’un incendie entre les joueurs vite circonscrit. Entre Jacky Duguépéroux et son ex-patron aux Grands Moulins de Strasbourg, René Kuntz. Quand le coach du RCS, soucieux de la santé de ses joueurs, a apostrophé son homologue lors de l’incident ci-dessus : «Tu es content, c’est ce que tu voulais!» il y a même eu un but gag, le quatrième de la série strasbourgeoise, inscrit par Karim M’Gnoghi. Le Belge en souri encore. Gérald Baticle, à la lutte avec Lazarus et Boehrer, rate la reprise de son centre. Le ballon rebondit et lobe le jeune Michel – le remplaçant de Franck Kientz,blessé dans un accident de la circulation il y a deux mois – légèrement avancé. « Même si les circonstances qui l’ont amené sont un peu farfelues, je suis heureux de ce premier but sous le maillot strasbourgeois. Mais je tiens à dire à Gérald que ça commence à bien faire. S’il continue comme ça, je ne lui donnerai plus un seul ballon. Ah, c’est pas Vahirua à Auxerre qui lui en aurait offert de pareils. L’humeur badine du milieu de terrain ciel et blanc résume à elle seule l’après-midi d’hier. Sans réussir l’exploit dont ils avaient tous follement rêvé, les Schilikois n’ont pas vécu un cauchemar à la Meinau. Tout au plus René Kuntz a-t-il fait l’économie du repas qu’il avait promis d’offrir à ses joueurs, sur ses propres deniers et au Bürehiesel s’il vous plait (trois étoiles au Guide Michelin), en cas de qualification. Quant aux hommes de Duguépéroux, ils ont prouvé, huit jours après leur qualification pour 1/4 de finale de Coupe de Ligue contre Cannes, que contrairement à ces deux dernières saisons, la trêve ne leur avait pas été préjudiciable. «Au retour de vacances « pas l’un de nous n’avait pris plus de 500 grammes. C’est significatif de l’ambition de l’effectif. Il y a un bon coup à jouer sur les trois tableaux Coupes de la Ligue et de France, et championnat. Chaque tour de Coupe, de équipes de calibre tombent.Ça peut rapporter gros en fin de saison. Mais ne nous prenons pas la tête. Jouons match après match, en priant que pour la bonne fée penchée sur notre berceau et qui nous a permis, jusqu’ici, de jouer à chaque fois à domicile continue de remplir ses bons offices.»