LA VO2MAX EN COURSE À PIED

QU’EST-CE QUE LA VO2MAX ?

 

La VO2max, c’est la quantité maximale d’oxygène que l’organisme peut utiliser par unité de temps. Pour faire simple, c’est la quantité d’oxygène que les poumons sont capables d’inspirer, transmettre dans le sang et que les muscles vont devoir capter. Elle est exprimée avec 2 unités différentes : en litres ou millilitres d’oxygène par minute (L/min) ou par kilogramme de poids de corps (mL/min/kg). La première unité est dite absolue tandis que la deuxième est dite relative ou normalisée, et permet la comparaison entre 2 athlètes de gabarits différents.

Si les adultes sédentaires présentent des valeurs de l’ordre de 30 à 40 mL/min/kg, les athlètes élites en sport d’endurance (course à pied, trail, ski de fond,…) affichent des valeurs records de l’ordre de 85 à 90 mL/min/kg. Entre ces 2 extrêmes, on trouve la majorité des coureurs, et peut-être vous, avec des valeurs entre 40 et 65 ml/min/kg.

 

COMMENT CALCULER VOTRE VO2MAX ?

 

A ce stade de la lecture, vous vient surement une question : et moi, quelle est ma VO2max ? Pour la connaître, il vous faudra courir (en laboratoire ou sur piste) équipé d’un analyseur d’échanges gazeux capables de mesurer votre consommation d’oxygène à chaque instant. C’est ce type d’effort que vous fournirez si votre médecin vous prescrit un test d’effort chez un médecin du sport.

Mais autant le dire, vous avez peu de chances de connaître un jour, par une mesure précise, votre VO2max. Rien de dramatique à cela : vous ne l’utiliserez pas au quotidien dans vos entraînements. En revanche, les études ont montré que cette valeur de VO2max est associée à la valeur de Vitesse Maximale Aérobie(ou VMA) qui se définit donc comme étant la plus petite vitesse de course permettant d’atteindre une consommation maximale d’oxygène. Et c’est précisément cette relation VO2max – VMA qui va nous intéresser, d’autant plus que la VMA s’évalue simplement par un test progressif sur piste (test Léger-Boucher, Test Navette, Tests TUB2, etc.).

 

COMMENT DÉVELOPPER VOTRE VO2MAX ?

 

La VO2max est l’un des facteurs clés de performance dans les épreuves d’endurance. Si c’est votre objectif, il vous faut donc l’améliorer, quelle que soit la distance de course que vous préparez. Les nombreuses études de la chercheuse française Véronique Billat ont montré que la VO2max s’améliore en courant à des valeurs proches de VMA, et en particulier le temps passé à ces valeurs. En clair, plus vous passerez de temps à 95% (ou plus) des valeurs physiologiques (fréquence cardiaque, respiration) mesurées à VMA, plus vous améliorerez votre VO2max

QUELS FACTEURS LIMITANTS POUR VOTRE VO2MAX ?

 

Le premier facteur limitant est un incontournable : la génétique. Et sur ce point, vous ne pourrez rien faire, au même titre que vous ne pourrez pas changer votre nature de cheveux ; nous ne sommes simplement pas tous égaux, et la VO2max est déterminée génétiquement, comme beaucoup d’autres facteurs de performance. On peut citer 5 facteurs limitants chez chaque individu : la ventilation, le transport de l’oxygène dans le sang, la capacité du cœur à faire circuler le sang, la capacité du sang à arriver jusqu’aux muscles et la capacité du muscle à extraire l’oxygène. Parmi les autres facteurs limitants, il faut citer l’âge (votre VO2max diminue avec l’âge), le sexe (les hommes présentent des valeurs plus élevées que les femmes) ou encore l’altitude (10% de diminution par tranche de 1000m d’altitude).

 

Quelques bases utiles en course à pied

Cet article est extrait  du très bon site athlete-endurance

VO2 et Physiologie

Lorsque nous effectuons un effort d’intensité sous maximale, notre corps tire principalement l’energie nécéssaire à l’effort d’un mécanisme physiologique nécessitant de l’oxygène, c’est pourquoi la course à pied est qualifiée de sport « aérobie »,  donc sollicitant la consommation d’oxygène.

Dans le jargon sportif et scientifique, la consommation d’oxygène est appelée  « VO2 ».

Lorsque la durée d’un l’effort et son intensité sont élévées, nous dérivons peu à peu vers un « maximum » de consommation d’oxygène.

Ce maximum de consommation d’oxygène est appelé « VO2MAX ».

La dérive de le la consommation d’oxygène est constatée à partir d’une vitesse de course appelée « Vitesse Critique ».

Lorsque la consommation maximale d’oxygène est atteinte, notre coeur est également à sa fréquence cardiaque maximale.

Le coeur étant un pompe, comme toute pompe mécanique son rendement peut se détériorer à partir d’un certain niveau de sollicitation, d’une certaine fréquence cardiaque.

La détérioration du rendement à haute fréquence est due aux phénomènes de cavitation (mécanique des fluides).

La baisse de ce rendement entrainera une surconsommation de l’oxygène par le coeur (Il en est très gourmand) pour finalement ne pas augmenter le « débit cardiaque ». A l’entrainement comme en course, aller chercher les dernières pulsations cardiaques, n’est alors pas forcement bénéfique en performance ou en qualité d’entrainement.

Lors d’un test de VMA, il est fréquent de constater que les coureurs parviennent à augmenter leur vitesse alors que la fréquence cardiaque et la VO2 ont déja atteint  leur maximun respectif depuis plusieurs secondes.

Ce plateau de « FCmax » et de « VO2 » est le signe que le coureur « tape » dans sa réserve anaérobie et montre alors sa capacité aux efforts de longues durées en anaérobie.

 

VMA et VO2MAX

Il existe une formule générique permettant d’estimer VMA et VO2MAX avec l’un ou l’autre de ces paramètres.

VO2MAX(ml/min/kg) = VMA(km/h) x 3.5

Comme toute formule en rapport avec le vivant, celle-ci a des limites et permet simplement d’avoir un ordre d’idée du rapport de l’un à l’autre.

La détermination fiable du VO2MAX et de sa relation avec la VMA n’est possible qu’avec un équipement de pointe  très couteux et nécessitant un haut niveau d’expertise technique pour sa mise en place, et en physiologie pour l’interprétation pratique et concrète des données.

Le VO2MAX est alors une variable difficilement identifiable ou utilisable par un coach sur le terrain. C’est pourquoi, l’entraineur a recours au test VMA pour établir les différentes intensités d’entrainement.

Nous avons developpé en 2006 un protocole simple d’évaluation de la VMA, celui ci est disponible après enregistrement et connexion au site à l’adresse suivante :

http://vo2-optimum-training.com/personnal-training/fr/entrainement/test-vma 

 

Incidence du développement du VO2MAX

Le potentiel aérobie d’un sportif dans les sports sollicitant fortement le système cardiovasculaire est directement corrêlé au VO2MAX.

Le but de l’entrainement est d’augmenter le VO2MAX. Plus la consommation maximale d’oxygène est élevée, plus le sportif peut produire d’énergie motrice.

L’entrainement aura pour principales répercussions :

  • L’augmentation de la capillarisation musculaire, pour un meilleur apport du sang aux muscles.
  • L’augmentation de la taille des mitochondries, pour une plus grande production d’énergie basée sur le système aérobie.
  • L’augmentation du volume d’éjection systolique par l’augmentation de la puissance mécanique du coeur et du volume des ventricules cardiaques.

Améliorer son VO2MAX

Les derniers travaux scientifiques changent radicalement l’approche du travail permettant la progression des performances et du VO2MAX.

Au travail intermittent et fractionné classique succède une nouvelle approche permettant de travailler sur des durée plus longues et à des intensités de course n’étant pas nécéssairement à 100% de VMA.

Nous avons appelé cette approche « VO2 Optimum Training », méthode  avec moins de volume global et plus de variété.

VO2MAX et sports avec une forte composante aérobie

Bon nombre de coureurs le deviennent après ou pendant la pratique d’un autre sport. Il semble alors intéressant d’en connaître les exigences et les conséquences au niveau VO2 et VO2MAX :

  • Rugby pro D1 : 45 à 55 ml/min/kg
  • Football Ligue 1 : 60 à 65 ml/min/kg
  • Football régional : 55 à 60 ml/min/kg
  • Football départemental : 50 à 55 ml/min/kg
  • Course à pied, ski de fond, cyclisme niveau international : 80 ml/min/kg
  • Course à pied niveau régional : 70 à 75 ml/min/kg
  • Course à pied niveau départemental : 65 à 70 ml/min/kg
  • Course à pied jogger et coureur occasionnel : 45 à 60 ml/min/kg
  • Sédentaire : 40 à 45 ml/min/kg