Une vision positive des conflits entre enfants : 3 qualités pour “apprendre à se disputer”

Dans leur livre Le cerveau de votre enfant, Daniel Siegel et Tina Payne écrivent que tous les enfants passent par des conflits : c’est le dépassement de ces conflits et désaccords qui va permettre de tisser des liens avec leur entourage et d’acquérir des compétences socio-émotionnelles.

Siegel et Payne portent donc un regard positif sur les conflits. Les conflits peuvent être utilisés pour faire mûrir les enfants, plutôt que chercher à éviter tout désaccord ou à les balayer du revers de la main.

Les deux auteurs proposent 3 qualités à encourager chez les enfants pour apprendre à se disputer et développer des qualités relationnelles.

citation éducation

1. Voir à travers le regard d’autrui : aider les enfants à adopter un autre point de vue

Plus nous employons notre claire conscience pour observer le monde au travers du regard d’autrui, plus nous avons de chances de résoudre sainement les conflits. 

Daniel Siegel et Tina Payne proposent de

  • se connecter

Prendre en compte les émotions des enfants pour créer une connexion empathique entre l’enfant qui se plaint et vous

On dirait que tu es triste/ fâché(e)/ en colère. 

Ca t’a fait du mal quand X a dit ça. 

J’ai l’impression que tu es très blessé(e)/ que ce que X a dit t’a beaucoup touché(e)/ que tu lui en veux.

  • stimuler l’empathie

Interroger sur les réactions et émotions d’autrui

D’après toi, pourquoi X a dit ça ? 

Cela avait l’air de lui tenir à coeur. 

Peut-être qu’il/elle s’est fâché(e) parce-que… Qu’en penses-tu ? 

Tu as entendu ce qu’il/elle avait dit ? Il/elle ne voulait pas être arrosé.

Demander aux enfants de changer de point de vue leur est bénéfique, alors que les punitions et les leçons de morale ne leur apprennent rien en matière d’empathie.

Extrait du livre Le cerveau de votre enfant

Extrait du livre Le cerveau de votre enfant

2. Écouter ce qui ne se dit pas : apprendre la communication non verbale

Les indices verbaux en disent parfois plus que les mots. 

Daniel Siegel et Tina Payne conseillent de faire remarquer aux enfants le langage corporel et les expressions faciales des personnes avec lesquelles ils interagissent (par exemple : les épaules tombantes, la tête basse, le sourire crispé pour la déception ou la tristesse).

En aidant les enfants à faire ces simples observations, ils acquièrent de meilleurs outils pour comprendre et analyser les émotions des autres.

 

3. Réparer : faire ce qui est juste après un conflit pour passer à l’étape de la réconciliation

S’excuser est important (nous pouvons nous excuser en tant que parents lorsque nous sommes injustes, que nos paroles dépassent nos pensées, que nous avons des gestes ou des réactions disproportionnées afin de montrer l’exemple).

J’étais jaloux(se), c’est vrai, je suis désolé(e).

Parfois, un acte pourra aider la réparation du lien brisé par le conflit.

La réparation peut passer par le remplacement ou la réparation d’un objet cassé, le fait de nettoyer, mais aussi par un geste compatissant, un dessin ou une lettre d’excuse. L’idée est d’aider les enfants à se montrer attentionnés, à faire acte de contrition, ce qui montre qu’ils ont pensé aux émotions de l’autre et désirent trouver une façon de restaurer la relation.

Si ton jouet préféré était cassé, qu’est-ce qui t’aiderait à te sentir mieux ?

Qu’est-ce que tu peux faire à ce sujet ? 

On peut également suggérer aux enfants des idées pour réparer la relation et “faire la paix” :

roue résoudre un conflit enfants

Le jeu et le rire comme moyen de consolider les liens familiaux

Par ailleurs, Daniel Siegel et Tina Payne expliquent qu’on peut consolider les liens dans la fratrie par les jeux et le rire. Ils expliquent que des études récentes prouvent que l’entente future entre les frères et soeurs dépend de leur degré d’amusement pendant l’enfance.

Peu importe que les conflits soient fréquents, du moment qu’ils sont compensés par le jeu et le rire. Le vrai danger apparaît quand les frères et soeurs s’ignorent. Ils subissent moins de frictions, mais risquent de nouer des relations distantes et froides une fois adultes.

Ainsi, des activités ludiques ensemble (dessiner un monstre géant à la craie, monter un spectacle, préparer une surprise ensemble, jouer à des jeux de société, cuisiner, se liguer pour pourchasser les parents avec des coussins…) consolident les liens dans les fratries.

Toutes les activités en famille sur le principe de l’amusement augmentent le plaisir d’être en famille et montrent aux enfants que les rapports humains sont gratifiants et épanouissants.

Daniel Siegel et Tina Payne proposent plusieurs idées de jeux :

  • après le dîner, crier : “Toute le monde débarrasse son assiette, va chercher une couverture, puis on se retrouver dans le salon. Surprise-partie ce soir !”
  • improviser : un des membres de la famille commence une histoire, et au bout d’une phrase, la personne suivante prend le relais puis la troisième et ainsi de suite…

Écrans : quelles règles appliquer pour les enfants et adolescents

Pas de règle immuable !

Jesper Juul est un thérapeute danois qui propose une approche des relations familiales centrées sur l’équidignité qu’il définit comme le fait de tenir compte à la fois des besoins des enfants et de ceux des adultes sans porter atteinte à l’intégrité physique et psychologique des enfants. Ce point est très important et peut être mal interprété : il s’agit pour les parents d’affirmer leurs besoins et limites personnelles tout en entendant et prenant au sérieux les besoins et les émotions des enfants.

Dans l’approche de Jesper Juul, les enfants font preuve d’une responsabilité personnelle. Ils sont capable de choisir librement quand et à qui obéir. Ils se conforment à une règle parce qu’elle est bonne, juste, ne porte pas atteinte à la dignité humaine mais sert leur intérêt et l’intérêt collectif. L’autorité personnelle exercée par les parents permet aux enfants de développer une santé mentale forte et durable.

Cet article concerne surtout les enfants après 7/8 ans.

Concernant la question des écrans, Jesper Juul estime qu’il n’existe pas de règle immuable à appliquer. De toute façon, s’il y a des écrans dans la vie des enfants et adolescents, c’est bien que les adultes les y ont amenés car les écrans font partie de notre culture.

Si nous nous inquiétons des effets des écrans sur les enfants et adolescents, nous avons le droit de le leur l’exprimer : il suffit de dire comment nous jugeons nous-mêmes la question. Toutefois, s’exprimer et contrôler ne doivent pas être confondus. L’important est que les enfants connaissent les valeurs et opinions de leurs parents et que les adultes s’expriment dans un langage personnel qui n’attaque pas l’intégrité de l’enfant ou qui ne cherche pas à le contrôler.

Partager nos inquiétudes sans chercher à contrôler

Jesper Juul nous invite à expliquer simplement à nos enfants que nous craignons que cette activité leur fasse du mal (par exemple, que cela les énerve, que cela mine leur créativité ou leur niveau de vocabulaire, que cela dégrade leur capacité de concentration, que cela nuise à leur travail scolaire ou encore que cela perturbe le sommeil) même si, eux, semblent l’apprécier. Nous pouvons également partager nos inquiétudes quant au fait que les écrans induisent des compétitions dans la répartition du temps :

  • compétition entre le temps d’écran et le temps d’interactions familiales,

 

  • compétition entre le temps d’écran et le temps de sommeil,

 

  • compétition entre le temps d’écran statique et le temps de mouvement,

 

  • compétition entre un certain temps d’écran “futile” (jeux du type CandyCrush, temps long passé sur les réseaux sociaux à cause de mécanisme de captation du temps comme le scroll infini sur Facebook, les trois petits points sur les chats qui signalent que l’interlocuteur est en train d’écrire ou encore les étoiles sur Snapchat) et un temps de “qualité” (activités créatives manuelles, temps passé dans la nature, interactions “vivantes”, devoirs scolaires…),

 

  • compétition entre le temps qui participe à construire l’intelligence (même sur écran à travers le visionnage de reportages, la création d’exposé sous traitement de texte, l’utilisation de logiciel de carte mentale, les applications pédagogiques…) et celui qui crée des besoins superficiels (comme des vidéos d’influenceurs qui font de la publicité déguisée sans mentionner que les produits dont ils font la pub leur sont offerts par les marques ou qu’ils sont payés pour en parler).

Nous pouvons également expliquer le phénomène de “captologie” mis en place par les entreprises de réseaux sociaux afin de retenir l’attention des utilisateurs (quel que soit leur âge) pour qu’ils passent le plus de temps possible sur le réseau (et soient donc exposés à un maximum de publicité afin d’engranger un maximum d’argent). Nous en sommes d’ailleurs également victimes en tant qu’adultes.

Nous devrions toujours garder à l’esprit que nous disposons de dix ans maximum pendant lesquels nous prenons des décisions pour nos enfants. Ensuite, ils devront prendre eux-mêmes un nombre infini de décisions. Pourquoi ne pas laisser votre fils jouer à l’ordinateur et lui demander ensuite comment c’était et comment il se sent ? – Jesper Juul

Limiter le temps d’écran pour les enfants et adolescents ?

Nos messages contradictoires de parents

Jesper Juul remarque qu’il existe un grand paradoxe dans la manière qu’ont les adultes d’aborder la relation des enfants aux écrans. Il apparaît d’ailleurs difficile de définir précisément ce qu’on entend par écran : regarder un film à la télé, jouer à des jeux vidéo, utiliser une application pour apprendre à lire sur smartphone, échanger avec des amis sur les réseaux sociaux, lire un livre sur liseuse…

La plupart des adultes passent toute la journée avec les médias et devant l’ordinateur et cela ne leur nuit pas, mais ils jugent que les enfants ne doivent pas agir de même. C’est aussi le cas pour l’argent de poche. Les parents devraient se demander si cet argent de poche appartient bien à leur enfant ou toujours aux adultes. – Jesper Juul

Quand on interdit à un enfant d’accéder aux écrans, nous pouvons nous interroger sur notre propre consommation d’écran : quel exemple donnons-nous aux enfants en matière de consommation d’écrans ? qu’est-ce qui rend les écrans si désirables aux yeux des enfants ? serions-nous prêts à accepter les mêmes restrictions que celles que nous imposons aux enfants ?

Nous, les parents, aimerions que notre enfant pense par lui-même et décide librement mais, souvent, nous mettons en œuvre des moyens pour contrôler sa décision et la corriger si elle n’est pas conforme à ce que nous jugeons correct. En agissant ainsi, nous envoyons un message contradictoire : “tu peux choisir librement comment passer ton temps… mais uniquement à mes conditions !“.

Les parents ont évidemment le droit d’exposer leurs convictions mais vouloir contrôler la manière dont les enfants passent leur temps ne peut que donner naissance à des conflits. Nous pouvons plutôt exposer nos besoins et par exemple dire à l’enfant/ ado qu’il nous manque et que nous aimerions passer plus de temps avec lui (sans profiter de ce temps pour lui faire des leçons de morale).

La violence domestique est plus grave que la violence médiatique.

Parfois, c’est la question de la violence qui nous inquiète. Non seulement, ce n’est pas la violence que les enfants voient qui est déterminante mais celle qu’ils subissent, mais, de plus, le respect des logos Pegi permet de s’assurer que le jeu vidéo ou le film est approprié à l’âge du joueur.

Si vous trouvez que les images véhiculées dans ses jeux vidéo rendent votre enfant agressif, sachez que les cris et les paroles humiliantes que vous pouvez proférer au prétexte de le faire cesser de jouer sont plus nocifs que les images elles-mêmes ! – Edwige Antier (J’aide mon enfant à avoir confiance en lui)

 

Pour Jesper Juul, il n’existe que deux options :

  • conserver une relation intacte avec les enfants et accepter qu’ils fassent leurs propres expériences;

 

  • obliger les enfants à mentir par peur des représailles ou leçons de morale (et à faire leurs coups en douce comme le fait de passer des heures à jouer aux jeux vidéo chez les copains).

Tout le monde peut définir des règles et des limites, ce n’est pas sorcier. Tout l’art consiste à se comporter intelligemment quand les enfants enfreignent ces règles ou ne respectent pas les limites. – Jesper Juul

De tout temps, les parents ont nourri des craintes pour la santé (physique et mentale) de leurs enfants. Ainsi, au siècle dernier, les parents avaient peur que leurs enfants tombent malades s’ils écoutaient la radio et les journaux consacraient des articles à cet éventuel danger. Encore plus loin dans le temps, Socrate avait peur du papier car il estimait que, si les gens notaient les idées sur papier, alors la mémoire humaine serait inutile et disparaîtrait.

Pour aller plus loin : Les écrans ont-ils un effet causal sur le développement cognitif des enfants ? (sur le blog de Franck Ramus)

Un risque d’addiction des enfants et adolescents aux écrans ?

La mise en place d’une addiction est complexe

L’addiction est une maladie complexe car de nombreux facteurs doivent être présents pour qu’il y ait installation d’une conduite addictive. Les facteurs de risque dépendent de beaucoup de choses :

  • développement (les troubles du comportement précoce sont liés à l’installation d’un comportement addictif (anxiété, troubles du sommeil, troubles dépressifs…).,
  • neurobiologie,
  • cerveau,
  • génétique (les facteurs génétiques expliqueraient entre 40 et 70% des troubles addictifs -> traits de personnalité, TDAH par exemple),
  • environnement,
  • psychologie.

Les interactions gènes/ environnement participent de manière indissociable à l’expression de la vulnérabilité aux addictions. Ainsi, les facteurs environnementaux jouent un rôle crucial dans l’installation des conduites addictives :

  • stress environnemental (en lien avec les notes scolaires par exemple ou les disputes parentales),
  • disponibilité des moyens permettant l’installation de l’addiction (ex : présence d’écran personnel),
  • éducation (notamment la qualité du lien d’attachement avec les parents qui impacte la capacité à gérer le stress; négligence et violence éducative même ordinaire qui entraînent la mise en place d’une mémoire traumatique qui va générer des comportements d’évitement via le refuge dans les écrans),
  • présence ou absence et qualité de l’entourage (famille, amis).

Les interactions humaines et la qualité des relations, au-delà des discours anti écran

Ainsi, il est important de ne pas traiter seulement les symptômes (l’enfermement dans un monde virtuel ou le fait d’être scotché aux écrans) mais d’évaluer les racines. Il est intéressant de comprendre que l’éducation joue un certain rôle dans l’installation d’une addiction.

Quand l’enfant se sent entouré, soutenu, compris, aimé; qu’il se sent exister dans les yeux de ses parents; qu’il a du pouvoir personnel dans sa vie et qu’il peut prendre des décisions souveraines; qu’il a des occasions de jouer librement et de rencontrer des amis, de se sentir partie intégrante d’une communauté, alors l’enfant a moins de chance de développer une addiction aux écrans. Les écrans vont évidemment faire partie de sa vie puisque les écrans sont omniprésents dans notre culture mais ils ne seront qu’un outil culturel au même titre que les livres ou les stylos. Toutefois, d’autres facteurs peuvent entrer en jeu dans la surconsommation d’écran d’une personne (la présence de troubles autistiques par exemple).

De plus, pour une même activité et un même temps passé sur les écrans, les effets seront différents selon que les enfants sont seuls devant l’écran ou que les parents s’asseyent à côté de leurs enfants pour regarder la télévision ou les regarder jouer et parler du contenu avec eux.

Un humain n’existe pas seul et c’est le contact avec les autres qui forme notre humanité. Toute activité qui ne laisse pas de temps pour des interactions sociales humaines réelles (ou qui est un refuge consécutif à l’absence de lien chaleureux familial ou amical) est nuisible pour le développement et cela ne vaut pas seulement pour les écrans (c’est aussi le cas pour la pratique sportive solitaire ou l’immersion dans la lecture par exemple).

’exigence de performance et la peur d’échouer déconnectent les enfants de la joie de créer : comment libérer leur créativité ?

Dans son livre L’atelier des émotions, Mathilde Chevalier-Pruvo explique qu’il n’est pas possible de réaliser une activité artistique sans être connecté à son intuition et de s’autoriser à essayer et se lancer.

De nombreux adultes n’osent pas faire des activités créatives AVEC leurs enfants car ils ne s’estiment pas doués pour cela. Le plus souvent, les adultes proposent des activités créatives aux enfants et leur font faire mais y participent rarement.

Pourtant, les enfants savent bien que tout le monde est capable de peindre, de créer avec de la pâte à modeler ou de l’argile ou encore de dessiner.

Quand on est centré sur le plaisir de l’expérience artistique, il n’y a pas d’erreur possible car il n’y a pas de jugement, pas d’attente, pas de comparaison.

De plus en plus d’enfants éprouvent de l’anxiété à l’idée de rater, de mal faire ou de ne pas réussir. Même des enfants jeunes appréhendent de commencer un travail créatif et certains vont même jusqu’à déchirer leur dessin en s’écriant qu’ils sont nuls. Ces freins à la créativité touchent des enfants très jeunes mais aussi de très nombreux adultes.

Mathilde Chevalier-Pruvo regrette que la pression de l’exigence de performance et la peur d’échouer les ont déconnectés de la joie de créer.

Comment permettre aux enfants de créer sans se préoccuper du résultat, juste pour le plaisir de la création et de la joie éprouvée ?

Mathilde Chevalier-Pruvo formule quelques pistes pour libérer les enfants des attentes et jugements en lien avec le travail créatif et artistique.

  • Créer des créations éphémères

Les créations éphémères sont très intéressantes pour inciter les enfants à se focaliser sur le moment présent, sans penser au résultat qui ne sera pas conservé.

Par exemple, les adultes peuvent proposer aux enfants de dessiner sur un tableau ou une ardoise soit avec des craies, soit avec un pinceau trempé dans l’eau. Dans le second cas, l’enfant peut sans cesse recommencer son oeuvre car elle ne cesse de disparaître en séchant.

  • Rendre les enfants acteurs

Quand il est allé jusqu’au bout d’une création qui lui a demandé du temps et de l’attention ou quand il fabrique lui-même quelque chose qui peut s’acheter dans le commerce, son estime de soi se renforce.

Cette estime de soi n’est pas fondée sur l’extérieur, l’opinion des autres ou la pression de performance, mais elle vient de l’intérieur. C’est un état d’accomplissement et de plénitude qui lui permet de se sentir acteur et capable. Il a pu découvrir tous ses talents en les déployant.

  • Valoriser le processus plutôt que le résultat

Se focaliser sur le processus n’empêche pas l’enfant de se sentir fier. – Mathilde Chevalier-Pruvo

Quand nous regardons l’oeuvre d’un enfant, nous pouvons lui refléter avec des mots le plaisir qu’il a ressenti en la réalisant, décrire les couleurs et les matières utilisées plutôt que formuler un jugement de valeur du type « c’est beau » ou « c’est bien ».

Cette manière de faire apprend aux enfants à penser au processus créatif plutôt qu’au résultat; à leurs propres idées et émotions plutôt qu’aux compliments reçus de l’extérieur.

  • Mettre en place un coin créatif à la maison

Pour faciliter la réalisation des activités manuelles, il est intéressant de laisser le matériel artistique en libre accès, par exemple sur une petite étagère ou une desserte. S’il est installé dans une pièce de vie, cela donne souvent davantage envie de créer en famille. Nous pouvons le disposer par catégories dans des pots, des boîtes, des paniers ou sur des plateaux. L’enfant pourra ainsi plus facilement trouver ce dont il a besoin puis le ranger lorsqu’il aura terminé.

La diversité des outils disponibles offrent aux enfants la possibilité d’explorer et d’avoir des rendus très différents. Ces outils permettront de
multiplier les expériences sensorielles. En voici quelques exemples :

-de la gouache liquide;
-de l’aquarelle ou de la peinture à l’eau en pastilles ;
-des craies grasses en cire ;
-des crayons de couleur et des feutres de mines aux tailles différentes;
-des matières pour le modelage : argile, pâte à sel, pâte à modeler ;
-de la laine (elle peut être tissée par les plus grands et découpée et collée sur du papier par les plus jeunes) ;
-de vieux magazines pour les activités de découpage et de collage ;
-des éléments naturels qui seront ensuite peints (galets, coquillages) ou collés pour enrichir les créations (feuilles, fleurs, pétales, plumes) ;
-du papier en rouleau pour réaliser des fresques.

  • Autoriser les explorations (même salissantes)

Pour varier les activités créatives, nous pouvons laisser les enfants appliquer la peinture avec autre chose qu’un pinceau. Ils pourront ainsi travailler avec leurs mains et leurs doigts, mais aussi réaliser des empreintes en trempant dans la peinture la face d’un cube, une feuille d’arbre, la base ou le dessus d’un pot de yaourt. Pourquoi ne pas également laisser des traces sur la feuille à l’aide des roues d’une petite voiture ou des pieds d’une figurine en plastique ?

Par ailleurs, certains matériaux que les enfants affectionnent peuvent être faits maison, comme la pâte autodurcissante et la pâte à modeler.

4 jeux de présentation collective et de connaissance de soi pour les enfants (5-10 ans)

Dans ce type d’activités, la posture de l’adulte est importante :

  • assurer un cadre bienveillant (chacun a le droit d’avoir ses idées et on ne se moque pas des autres; il n’y a pas de mauvaise ni de bonne réponse);
  • donner le droit de ne pas intervenir (chaque enfant a le droit de ne pas vouloir s’exprimer et c’est OK)
  • donner l’exemple de ce qui est attendu en répondant honnêtement aux questions (l’adulte favoriser la compréhension des consignes par les enfants et sa participation crée du lien à travers le partage d’expérience personnelle avec les enfants)

Ces petits jeux peuvent être utilisés pour des activités de présentation collective en début d’année scolaire. Ils participent à une éducation émotionnelle et relationnelle à travers une meilleure connaissance de soi et des autres.

Jeu de transformation

L’adulte invite les enfants à un jeu d’imagination : si vous deviez vous transformer en animal, quel animal aimeriez-vous être ? Pourquoi ? Qu’aimez-vous au sujet de cet animal ?

Les enfants auront un temps de pause pour réfléchir. Ils pourront en discuter entre eux.

Après ce temps de pause, un tour d’échange permettra à chacun (s’il le souhaite) de s’exprimer : “J’aimerais être X parce que…”.

Mes fiertés

L’adulte invite les enfants à nommer quelque chose qu’ils sont capables de faire, qu’ils savent bien faire. L’idée est de les amener à réfléchir à au moins une chose qu’ils savent faire et dont ils sont fiers. Cela peut être en rapport avec l’école ou pas du tout (exemples : jouer au foot, raconter des blagues, avoir réussi à passer au niveau supérieur aux jeux vidéos…). Cela peut être quelque chose pour laquelle leurs compétences et qualités ont été remarquées par d’autres.

Les enfants auront un temps de pause pour réfléchir sur la chose qu’ils choisiront, pourquoi ils en sont fiers et les émotions qu’ils éprouvent en pensant à cette activité.

Après ce temps de pause, un tour d’échange permettra à chacun (s’il le souhaite) de s’exprimer : “Je sais bien faire X et j’aime ça parce que…”.

Ce que j’aime chez moi

L’adulte invite les enfants à réfléchir à la question : Qu’aimez-vous en vous ? Cela peut avoir rapport avec des particularités physiques (exemple : mes tâches de rousseur), des qualités, des forces, des talents…

Après un temps de pause, un tour d’échange permettra à chacun (s’il le souhaite) de s’exprimer : “Ce que j’aime chez moi, c’est…”

Mon badge/ mon chevalet

Une fois ce travail réalisé, il est possible de s’appuyer dessus pour réaliser un badge de présentation (ou un chevalet en papier à poser sur la table). Pour le badge, prévoir des bandes de papier vierges; pour le chevalet, une feuille A 4 à plier.

Le badge sera réalisé selon ces consignes :

  • le prénom
  • l’animal nommé lors du premier jeu (les enfants ont le droit de changer d’avis parce que le fait d’avoir entendu les autres et d’avoir répondu aux deux autres questions peut avoir fait évoluer leur perception d’eux-mêmes)
  • des couleurs et dessins décoratifs qui expriment leur personnalité, ce qu’ils aiment chez eux

Les enfants peuvent utiliser à leur façon les couleurs et tout le matériel disponible (ciseaux, colle, pochoirs, autocollants… selon vos disponibilités) pour trouver leur propre forme, taille, couleur… Ils ont le droit de découper, de faire des collages, de mélanger lettres et dessins..

L’objectif est que le badge ou le chevalet soit aussi représentatif que possible de qui ils sont et qu’il leur plaise à eux et leur rappelle leur personnalité avec ses forces et ses particularités uniques.

 

apprendreaeduqer.fr

La position assise n’est pas appropriée à l’apprentissage

Comme nous l’explique Florence Millot dans son livre “Apprendre à se concentrer”, “la position assise contraint le développement naturel de l’enfant”.

Ainsi, en restant sur une chaise à l’école, son périmètre de découverte est diminué de 90%. Il doit rester derrière une table avec peu de stimuli pour répondre à ses besoins d’aventures, de rencontres, d’échanges…

Idem à la maison, lorsqu’il s’efforce de rester concentré sur ses devoirs. Le cerveau ne fonctionne pas alors à son plein potentiel et la frustration est grande !

Pour les tout-petits, le constat est encore plus vrai, y compris dans les tâches quotidiennes comme les repas .

Selon Heloise Junier :

“Pour un petit, plein d’énergie, la contrainte de l’immobilité est une véritable épreuve. Un enfant a besoin de faire vivre son corps, de bouger, de courir, de sauter. Certains enfants peuvent devenir très agités, agressifs, si dans la journée ils n’ont pas assez de moments pour dépenser leur vitalité.

Notre cerveau n’aime pas l’ennui, c’est une source de stress. Quand le petit enfant est assis à table, rester immobile longtemps n’est pas possible sans stress. La vie chez lui est plus forte que tout, elle bouillonne et le pousse à bouger, explorer, découvrir. Il a envie d’être libre dans ses mouvements.

Quand le repas est trop long pour lui, l’autoriser à se lever pour aller chercher de l’eau, du pain dans la cuisine ou à jouer à côté de la table en attendant les autres plats lui permet d’assouvir son besoin de mobilité. Le faire participer aux discussions, rire, s’amuser avec lui diminuent également l’ennui qu’il peut éprouver.”

Ainsi, ce n’est pas à l’enfant de réprimer son élan naturel et son besoin de mouvement mais bien au cadre d’apprentissage d’être adapté. Dans les écoles, nous voyons de plus en plus fleurir des projets qui vont dans ce sens avec des vélos, ou encore des récréations supplémentaires,… C’est une tendance qui mérite d’être soulignée et encouragée.

Quelques idées :

  1. S’asseoir sur un ballon de yoga.
  2. Mettre des balles de tennis sous les pieds.
  3. Installer un élastique entre les pieds de la chaise.
  4. Faire des pompes le dos droit sur la chaise (en se soulevant).
  5. Faire des mouvements oculaires pour redynamiser les yeux et les reposer.
  6. Se lever régulièrement pour marcher, sauter, courir, faire du yoga, de la sophrologie,…
  7. Utiliser des vélos au lieu des chaises classiques.
  8. Travailler sur des bureaux debout.
  9. Enseigner en pleine nature.
  10. Assouplir ses mains et ses bras avec des étirements
  11. Pratiquer le brain gym(c) ou la kinésiologie
  12. Tester la brain ball(c)

Extrait de https://papapositive.fr/

15 manières d’aborder les problèmes avec les enfants de 9 à 13 ans

Dans son livre L’autorité bienveillante, Kim Payne écrit que les enfants de neuf à treize ans commencent à ressentir l’influence du reste du monde, au-delà des deux univers de la famille et de l’école. Payne estime qu’une chose à garder à l’esprit avec les préadolescents est que la chose la plus important pour eux reste la famille (suivie par les amis).

Les amis pris individuellement peuvent continuer à inspirer l’adolescent, mais c’est le groupe, dont les membres sont liés par un style commun, vestimentaire par exemple, qui exerce l’influence la plus impuissante. Cependant, et c’est le plus important pour nous, la vie de famille continue de constituer le socle normatif de l’adolescent. C’est la famille qui l’aide à trouver son chemin dans le monde de possibilités (des meilleures aux plus inquiétantes) qui s’ouvrent devant lui. – Kim Payne

Kim Payne utilise l’expression de “Parent Jardinier” pour qualifier les parents de préadolescents : l’accent est mis sur l’écoute authentique et l’observation. Il formule plusieurs manières d’aborder les problèmes avec les enfants de neuf à treize ans :

  1. Limiter les conversations à trois minutes (maximum cinq minutes)
  2. Décomposer la discussion en deux ou trois temps échelonnés sur plusieurs jours
  3. Délimiter des échéances temporelles pour régler les problèmes (ex : Nous devons régler le problème d’ici demain midi. J’ai dit ce que j’avais à dire. Je veux que tu me dises avant le coucher ce soir quelles sont tes idées à toi. Si nous arrivons à faire ça,  nous n’aurons plus besoin d’y revenir.)
  4. Choisir un moment propice et tranquille pour aborder les problèmes (ne pas interrompre un jeu ou une activité appréciée, donner le temps de décompresser en rentrant du collège, ne pas chercher à résoudre le problème quand les émotions sont vives).
  5. Rester spécifique, concret et court (en évitant les détours et explications interminables et en insistant sur les réaction de cause à effet)
  6. Rester dans l’instant présent sans faire référence au passé car l’idée est de trouver une solution pour le problème ici et maintenant (ex : Nous étions d’accord : tu dois demander à ton frère sa permission avant de lui emprunter ses affaires. Je ne t’ai pas vu faire ça à l’instant. Tu as peut-être oublié. Comment redresser la situation maintenant ?)
  7. Remercier et valoriser les petits actes (même minimes) qui contribuent à la vie de famille ou conformes aux attentes parentales avant de formuler une nouvelle demande (ex : J’ai vraiment apprécié que tu aides à faire de la place dans le garage. Merci d’avoir rangé ton vélo. Il reste une dernière chose à faire : les boîtes qui trainent nous empêchent de sortir la voiture.”)
  8. Impliquer dans la résolution de problèmes et inciter à trouver des solutions (ex : As-tu une idée pour.. ?/ On pourrait peut-être…/ Nous devons trouver une manière de gérer ce problème.)
  9. Donner des informations sur nos ressentis de parents en parlant de nous, de nos besoins, de nos valeurs, de nos valeurs, de ce qui est important pour nous (plutôt que faire de grands discours, d’utiliser des formules impersonnelles comme “il faut” ou “c’est comme ça”)
  10. Faire preuve d’empathie (ex : C’est vrai que c’est difficile/ Je vois à quel point tu es déçu/ C’est normal d’être en colère à ce point…/ D’accord, je vois ce que tu veux dire : tu penses que c’est injuste, c’est ça ?)
  11. Reformuler le problème avec d’autres mots en mettant en lumière les émotions, les pensées et les besoins de l’enfant
  12. Garder la tête froide pour éviter la contagion du stress et de l’agressivité (quitte à faire une pause avant de revenir apaisé)
  13. Utiliser l’humour (en fonction des préférences de l’enfant et de son âge, en gardant en tête de ne pas se moquer ni rabaisser)
  14. Appuyer sur le bouton pause sans se sentir obligé de répondre immédiatement (ex : Bien, donne-moi quelques minutes et je reviendrai vers toi)
  15. Demander à l’enfant de reformuler nos attentes (ex : Je voudrais que tu essaies de reformuler avec tes mots, quelle est ma vision sur la question selon toi.)

Un des aspects les plus importants, lorsqu’un accompagne un préadolescent, est de rester à l’écoute des besoins changeants et des humeurs variables de l’enfant. Les “tweens” ont des choses intéressantes et nouvelles à dire. Ils veulent que l’on tienne compte de leur avis pour prendre les décisions qui les affectent. Il est sain et naturel de les laisser s’exprimer et de respecter leur vision des choses en évolution Mais ils sont encore vulnérables et leurs vues sont souvent (délicieusement) subjectives. – Kim Payne

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Source : L’autorité bienveillante : rassurer et soutenir l’enfant du tout-petit à l’adolescent de Kim John Payne (édition Aethera) . Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

Aider les enfants à réguler leur agressivité par le jeu

Dans son livre Jouer pour mieux comprendre votre enfant, Lawrence Cohen explique que les jeux entre parents et enfants peuvent aider ces derniers à réguler leurs émotions. Il propose un exemple de jeu pour les enfants agressifs qui ont du mal à maîtriser leurs impulsions (taper, prendre les affaires des mains, crier…). Le but du jeu est de faire vivre une situation aux enfants au cours de laquelle leurs émotions vont être atténuées plutôt qu’étouffées et au cours de laquelle les enfants vont avoir du pouvoir personnel.

Dans son exemple, Lawrence Cohen choisit une conduite agressive détournée : interdire à un enfant qui a l’habitude de frapper les autres de lancer des coussins (en sachant très bien que la règle sera détournée mais en utilisant une mise en scène qui vise à modifier légèrement l’action pour que l’enfant parvienne à la contrôler un minimum).

Ainsi,  Lawrence Cohen raconte que, un jour, il était assis sur un canapé avec un jeune garçon à la réputation agressive. Ce dernier lui a lancé un coussin dessus et Cohen en a profité pour lancer un jeu : “Oh bonjour ! Bienvenue à l’école de la gestion des coussins du Dr Cohen. Hum, tu dois être le nouvel inscrit. Je suis absolument ravi de te rencontrer.” A la suite de ce discours d’introduction, Lawrence Cohen, très sérieux, a serré la main du jeune garçon en le regardant dans les yeux. Cette idée de l’école de gestion des coussins permet à l’enfant de se confronter aux thèmes de l’école, des règles et de la maîtrise de soi.

Afin de faire en sorte que l’enfant entre vraiment dans le jeu, Cohen a enchaîné avec des règles de fonctionnement puis un tas de consignes farfelues : “Tu arrives à temps pour la première leçon. La première règle très importante, c’est : pas de coup de coussin. C’est extrêmement important”. L’idée est d’insister sur la règle pour que la transgression porte ses fruits (l’adulte pourra adopter une posture qui transmet l’ironie de cette règle). Cohen enchaîna avec des consignes amusantes : “Mets le coussin marron à droite puis le coussin beige à droite de la droite. Après tu échanges leurs places et tu fais un tour complet sur toi-même avant de les empiler l’un sur l’autre”.

Lawrence Cohen s’était approché suffisamment près pour savoir que l’enfant serait tenté de le frapper avec un coussin (ce qu’il fit évidemment). L’adulte prit ce prétexte pour piquer une colère surjouée et se lancer à la poursuite du garçon en gémissant : “Mais la règle, c’était : pas de coup de coussin ! Bon, recommence maintenant.” L’idée est d’affirmer la règle suffisamment mollement pour que l’enfant sente qu’il a le droit de la transgresser sans risque de représailles/ punition. Dès que l’adulte a eu le regard détourné, l’enfant lui a redonné un coup de coussin et la course-poursuite a recommencé, Cohen poussant de grands cris d’orfraie. Ce petit manège peut recommencer plusieurs fois jusqu’à ce que l’enfant applique les consignes sans lancer le coussin. Quand l’enfant aura réussi, il pourra passer au niveau supérieur de l’école de gestion des coussins : “Je n’en reviens pas, tu as réussi et tu as respecté toutes les consignes. Pourtant, c’était dur ! Tu mérites de passer au cours supérieur de gestion des coussins. Tu auras maintenant le droit de me lancer un coussin mais à une condition ! Écoute bien : tu devras te mettre en équilibre sur le pied droit et chanter en même temps que tu me lanceras le coussin dessus.”

L’idée est de permettre à l’enfant de faire ce qu’il a envie de faire mais de manière atténuée pour deux bénéfices :

  • se livrer à l’agression “pour de rire” réduit le besoin de céder aux impulsions dans la vraie vie (l’énergie est libérée dans un cadre de sécurité où la pulsion agressive se transforme en interaction positive);
  • modifier légèrement le geste agressif pour que l’enfant apprenne à contrôler son impulsivité. 

Les 11 erreurs les plus fréquentes à l’école (et comment les analyser et les dépasser)

Les erreurs ne sont pas des fautes. Une erreur n’est pas de l’ignorance. Au contraire, l’erreur est de la matière à travailler. L’erreur est essentielle pour apprendre. Sans erreur, aucun apprentissage, aucune action, innovation ou invention n’est possible.

Comment repérer ses erreurs ?

Pour repérer et comprendre des erreurs, il est possible de :

  • tenir compte des remarques inscrites sur les contrôles/ tests/ évaluations
  • tenir compte des commentaires/ conseils des enseignants lors de la correction d’exercices ou de la remise des copies
  • comparer des copies entre elles pour déterminer les erreurs les plus fréquemment commises
  • comparer des copies avec celles d’autres personnes pour voir comment elles font
  • demander des conseils (aux professeurs, aux parents, à d’autres élèves, aux frères ou soeurs plus âgés…)
  • refaire les exercices et les tests en s’auto corrigeant (et demander de l’aide si besoin)
  • tenter de comprendre pourquoi telle ou telle erreur a été commise (notamment grâce à la grille de lecture ci dessous)

 

Analyser et dépasser ses erreurs

1. Je n’ai pas fait assez attention aux questions, aux consignes, aux informations demandées

Le stress peut faire perdre les moyens même quand on a bien appris ou révisé. Parfois, le cerveau est tellement conditionné par les exercices révisés ou par les attentes en termes de sujet ou de questions (“je suis sûr qu’on va être interrogés sur tel chapitre”, “le prof va nous remettre cet exercice”…) qu’il est biaisé et ne traite pas les consignes correctement.

facteurs de stress

4 facteurs de stress à connaître

 

>>>Des pistes pour travailler la gestion du stress, la concentration et la mise en situation pour mieux anticiper les conditions réelles de l’évaluation :

 

2. Je n’ai pas appris

De nombreux facteurs peuvent influencer la qualité des révisions :

 

3. Je n’ai pas compris ce que je devais apprendre

Il est toujours possible de demander de l’aide pour ne pas laisser une information incomprise ou une confirmation à l’enseignant (par exemple sous forme de fiche bilan avec les informations clés à maîtriser).

Les ressources sont nombreuses, que ce soit dans la vie réelle ou sur internet. Il existe des sites dédiés aux révisions (comme Kartable , devoirs.fr ou Ma Share Ecole), de nombreuses chaines You Tube sont spécialisées par matière (une sélection ici pour le collège et plus).

 

4. J’ai oublié alors que j’ai cru que j’avais bien appris.

La mémoire se travaille et il existe des astuces pour mémoriser efficacement et durablement. J’en partage plusieurs dans cet article : 5 astuces de mémorisation pour l’école, le collège et le lycée.

Pour comprendre en profondeur le fonctionnement de la mémoire : Comprendre le fonctionnement de la mémoire pour aider les enfants présentant des difficultés de mémorisation ou d’apprentissage

comment-reviser-efficacement

 

5. J’ai cru que j’avais compris.

Pour vérifier la compréhension, le mieux est encore de se poser des questions à soi-même, de répondre à celles qui figurent à la fin du chapitre du livre ou de refaire des exercices faits en classe.

>>>Pour aller plus loin : 5 questions clés pour comprendre rapidement (un cours, une leçon, une démonstration, un théorème…)

 

6. J’ai mal compris l’énoncé.

L’attention portée aux consignes est importante une fois seul.e devant la copie :

  • prendre le temps de décoder la consigne,
  • la lire calmement et en entier,
  • se demander quelles sont les attentes des correcteurs,
  • prendre le temps de repérer et comprendre les mots clés et de voir les liaisons entre eux.

La compréhension des consignes peut être travaillée : voici un petit exercice pour aider les enfants à mieux comprendre ce qu’ils lisent.

 

7. J’ai stressé. J’ai perdu mes moyens.

Mieux on est préparé (mieux on a appris) et plus on a d’outils dans sa boîte à outils anti-stress, moins on risque d’être sujet au “mauvais stress”.

>>>Des outils à ce lien : 12 trucs anti-stress pendant les révisions

 

8. Je me suis dit que je n’y arriverais pas. J’ai peur d’échouer.

Une faible estime de soi et la peur de l’échec ne sont pas des fatalités :

 

9. Je n’ai pas eu le temps de finir.

Gérer son temps peut s’apprendre :

  • s’entraîner à faire les contrôles/ exercices/ exposés en se chronométrant ou en s’imposant des limites de temps à la maison,
  • prioriser les questions en adoptant des stratégies : soit les questions qui rapportent le plus de points, soit celles qui sont les plus faciles ou mieux comprises,
  • adopter des habitudes de travail efficaces : savoir lire en texte rapidement, identifier les informations clés (en lisant les titres et sous titres des textes, en lisant les légendes des cartes ou photos, en écrivant avec des abréviations sur les brouillons…)

 

10. J’ai oublié un mot, une idée, j’ai perdu le fil de mes pensées.

Une manière utile d’éviter les oublis est de comparer ce qu’on a en tête et ce qu’on a réellement écrit “dans le feu de l’action”. Réaliser une carte mentale (ou Mind Map) au brouillon permet de fixer les idées principales et d’en tirer le fil au moment de la rédaction.

 

11. Je n’ai pas été assez précis.e ou complèt.e

Les questions ouvertes sont une manière efficace d’aller au bout de la pensée car elles invitent à élaborer des réponses complètes. On pourra s’en servir aussi bien au moment des devoirs/ révisions qu’au moment du test. Isabelle Pailleau et Audrey Akoun en ont fait un acronyme facile à mémoriser : CQQCOQP !

  • Comment
  • Quoi
  • Qui
  • Combien
  • Quand
  • Pourquoi

 

mind map des questions ouvertes

Mind map des questions ouvertes. Extrait du livre Apprendre autrement avec la pédagogie positive d’Audrey Akoun et Isabelle Pailleau

 

Que faire de notre colère de parent ?

La colère est une émotion saine

Quand avons-nous déjà dit que les parents doivent parler calmement lorsque ça bouillonne à l’intérieur ? – Haïm Ginott

Faber et Mazlish accordent beaucoup d’importance à l’idée de ne pas de retenir notre colère en tant que parents. Elles rappellent qu’essayer d’être patient quand on est fâché, c’est comme appuyer d’un pied sur le frein et de l’autre sur l’accélérateur. On ne traiterait pas sa voiture de cette façon. Nous pouvons donc essayer d’être au moins aussi bons pour nous-mêmes que nous le sommes pour une voiture.

Il est possible d’exprimer de la colère sans violence en se reliant aux valeurs fondatrices de la parentalité bienveillante et en restant en contact avec notre intention de mettre fin aux comportements inappropriés des enfants tout en préservant leur dignité et la nôtre en même temps.

Il s’agit de chercher des solutions pour que chacun dans la famille soit traité avec dignitésérieux et respect. Les enfants autant que les parents ont le droit d’être pris au sérieux. Les enfants ne sont pas des puching balls destinés à recevoir des mots violents et des coups et les parents ne sont pas des paillassons destinés à se plier systématiquement en quatre pour satisfaire toutes les envies des enfants.

Exprimer la colère sans violence

Ce serait merveilleux si les parents pouvaient orienter l’énergie générée par leur colère en l’utilisant, non pas pour insulter leurs enfants, mais pour leur donner des renseignements et leur proposer des valeurs. – Faber et Mazlish

Le langage de la colère sans insulte ne vient pas facilement. C’est la raison pour laquelle plus on dispose de façons différentes d’exprimer la colère sans violence, plus on a de chances de réguler le niveau de violence dans les interactions parents/ enfants. C’est justement quand on essaie de refouler les sentiments de colère qu’on court le risque d’exploser et de basculer dans la violence éducative.

Faber et Mazlish proposent plusieurs pistes pour ne pas laisser la colère exploser en violence contre les enfants (physique et/ou émotionnelle) :

  • Passer par les gestes plutôt que les mots pour donner des consignes ou attirer l’attention sur quelque chose à faire (montrer l’horloge, tendre une éponge…)

 

  • Ecrire une note/ laisser un message sur un Post It

 

 

  • Décrire ce qu’on voit plutôt que donner des ordres (et répéter si besoin)

 

  • Inviter à chercher des solutions (faire participer les enfants au processus de recherche d’un plan avec des phrases du type : “Pourriez-vous vous entendre ?” , “Je vois deux enfants qui veulent le même jouet, comment allez-vous trouver une solution ?”)

 

  • Exprimer les sentiments de manière aussi énergique qu’ils sont ressentis à l’intérieur (avec des messages Je qui parlent de soi et qui n’accusent pas les enfants -> “je suis affligée, consternée, dégoûtée, mécontente, démoralisée, décontenancée, impuissante…”)

 

  • Rappeler les valeurs de la famille ou les règles

 

  • Formuler les attentes dans un langage positif (“dans cette famille, on s’attend à ce que…”, “j’ai confiance dans le fait que mes enfants… parce que c’est important pour moi”)

 

  • Se débarrasser de tous les discours imprécis et ramener le tout à du concret : ” Voici le règlement… ” / “Ici, la règle c’est…”

 

  • Remplacer un paragraphe par une phrase, une phrase par un mot (plus de concision pour plus d’efficacité avec moins de longues explications)

 

 

  • Utiliser “dès que” plutôt que “si vous… alors”

 

  • Alerter sur l’intensité croissante de la colère et les actes qui pourraient en découler (“Ma colère est grosse comme un petit pois et elle est en train de devenir aussi grosse qu’une tomate et pourrait bien atteindre la taille d’une pastèque, à moins que…”, “Quand je demande, à plusieurs reprises, que…, je sens monter la révolte en moi et j’ai envie de…!”)

 

Pour autant, ces pistes ne sont pas à copier-coller telles qu’elles mais à personnaliser, à s’approprier dans une partition propre et même à rejeter si on ne se sent pas à l’aise avec.

 

Nous avions d’abord cru qu’un bon père, qu’une bonne mère, c’est patient, calme, logique ; ça ne crie jamais. Désormais, nous ne sentions plus le besoin d’embouteiller notre colère. Nous l’exprimions totalement ; mais au lieu de lancer des insultes, nous exprimions aussi nos sentiments, nos valeurs, nos attentes. – Faber et Mazlish

Des limites ou nos limites ?

Pour ma part, je connais mes limites à ce qu’elles me disent dans le corps : quand ça se crispe, quand se contracte, quand je me sens partir dans la violence (souffler d’exaspération, perdre patience, envie de crier), je sais qu’une limite est touchée. Les limites sont éminemment personnelles et sont en lien avec la dignité : est-ce que ma dignité est bafouée dans la situation en question ? qu’en est-il de mon intégrité (autant physique que morale) ?

Quand on parle des limites, on touche forcément au respect : le respect que j’estime mériter et le respect que je dois à l’autre. Les limites doivent être empreintes d’équidignité dans le sens où il est facile de léser un des protagonistes (ce sont le plus souvent les enfants qui doivent simplement se taire et obéir mais il arrive aussi que certains parents abandonnent leur dignité en s’interdisant de dire des “non” francs). L’équidignité est un concept de Jesper Juul que j’aime beaucoup et dont j’ai parlé à plusieurs reprises sur le blog.

En tant que parents, nous avons le droit de tenir bon sur nos limites personnelles (ou bien de négocier si on s’en sent l’élan… quand on est suffisamment ancré sur des valeurs et conscient de limites personnelles, on “sent” quand c’est négociable ou non). C’est ce que Jesper Juul appelle “dire non en ayant la conscience tranquille”.

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Source : Parents épanouis, Enfants épanouis de Adele Faber et Helene Mazlish (éditions du Phare). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.