En vedette samedi dernier, l’attaquant de Schiltigheim a réalisé un triple en un temps record devant le FC Mulhouse, club dont il a porté les couleurs pendant six ans.

Au Sporting de Schiltigheim, club riche en attaquants de qualité et équipe naturellement portée vers l’offensive, los buteurs habituels s’appellent Guerra et Kaminski. Mais il arrive fréquemment que l’un ou l’autre de leurs partenaires mettent le nez à la fenêtre, et rarement pour rien. Dernier exemple en date, Olivier Négelé, auteur à Mulhouse face aux doublures du FCM, d’un triplé qui fera date. « ll y a eu un petit quart d’heure de folie où tout nous a réussi », explique-t-il, modeste, au lendemain de l’exploit. En fait, c’est en… sep! minutes que l’attaquant schilikois a réalisé un authentique « hal-trick’, déverrouillant en quelques instants une situation qui semblait bloquée. « Les jeunes Mulhousiens se défendaient bien, sur un terrain à la limite du praticable. Les valeurs étaient nivelées, et dans ce contexte particulier, c’est souvent le premier but qui se révèle décisif. Après, c’est plus facile… »

« IL A FALLU TOURNER LA PAGE »

A Mulhouse, Olivier avait de bonnes raisons de briller. ll a en effet, porté pendant six ans le maillot Fécemiste, signant aspirant à 16 ans, effectuant ensuite quatre saisons stagiaire et s’offrant quelques séjours dans le groupe professionnel, sous la houlette de Robert Dewilder. « Les jeunes, ce n’était pas spécialement sa tasse de thé », raconte t il, pas plus surpris que cela, avec le recul, qu’on ne lui ait pas proposé de contrat pro. « Au début, c’est difficile d’admettre qu’on a raté le bon wagon. On se retrouve à 20, 21 ans, on est habitué à jouer au foot toute la journée… Et d’un seul coup, il faut tourner la page et plonger dans la vie active. Heureusement je n’avais pas négligé mes études, et titulaire d’un BTS gestion comptabilité, l’ai trouvé un emploi au Crédit Mutuel » rappelle Négelé, qui, l’épisode mulhousien terminé, s’est fondu sans difficulté majeure au sein du groupe mené par René Kuntz. « Je n’ai pas eu envie de bourlinguer à droite ou à gauche, à la recherche d’un club de CN1. Originaire de Strasbourg, je suis rentré chez moi. »

 

A Schiltigheim, l’ancien stagiaire pro a surtout trouvé une ambiance particulière, faite d’amitié et de solidarité. « Co club a uno amo, et cette amo, ce sont les joueurs qui la font. Nous sommes vraiment soudés, on ne se force pas à être ensemble, c’est naturel. Même quand il n’y a pas de match, on se retrouve à quelques- uns pour sortir, discuter, jouer aux cartes ou fêter un anniversaire. Dix minutes avant une rencontre, il y en a toujours un pour te faire plier de rire en racontant une histoire. C’est cela, Schiltigheim. On joue au foot sérieusement, mais on prend du plaisir. »

Le plaisir, il est aussi, bien sûr, dans les résultats. Et dans ce domaine, Schiltigheim est particulièrement on réussite cette saison, même si le Stade de Reims occupe toujours la pôle position du groupe C do CFA 2. « Bon, cela n’est pas gênant d’être seulement deuxièmes aujourd’hui. Les comptes définitifs, on les fera à la fin du championnat, sachant qu’avec 5 points de retard sur les Rémois, nous devons non seulement les battre chez eux au printemps, mais espérer aussi un faux pas de leur part. Partout, ils sont attendus, c’est peut-être notre chance. Au pire, il restera les barrages, même s’il s’annoncent, par définition, un peu aléatoires », ajoute Olivier, qui se souvient de l’épisode face ou Racing 92, il y a quelques années, le Sporting avait alors laissé échapper son billet pour le CN1…

HEUREUSEMENT LA BANQUE EST SYMPA

 

Si les choses se passent bien, notre buteur sera partant la saison prochaine pour une nouvelle saison à l’étage au dessus, quand bien même il devrait alors jongler de nouveau entre son emploi à la banque et son statut de footballeur. « Heureusement qu’ils sont conciliants, au Crédit Mutuel. La montée, cela voudra dire des déplacements lointains, dans le Nord, en région parisienne. Je vais donc être amené à m’absenter souvent de mon bureau le samedi matin. Mais j’al 27 ans, et j’ai encore envie. Quand je vois José Guerra (il sourit), je me dis que j’ai encore quelques belles années. Non, sérieusement, tant que j’aurai le niveau, je continuerai. C’est une aventure qui mérite quelques sacrifices », conclut celui qui avoue aussi qu’il aimerait bien, un jour prochain. avoir aussi un enfant. Un seul. Les triplés, il garde cela pour le foot !

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