Quand les enfants discutent chacune de nos demandes, traînent à faire ce qu’ils ont à faire (par exemple, ranger les chaussures ou le cartable qui traînent dans l’entrée, mettre la table, faire les devoirs…), nous avons tendance à entrer dans des jeux de pouvoir qui escaladent en violence.

Comment mettre un terme à ces jeux de pouvoir et cette escalade de violence ?

1.Ne pas chercher à avoir raison

La meilleure manière de mettre fin à un jeu de pouvoir est de faire une pause et de renoncer à l’idée d’avoir le dernier mot. Le processus de Communication Non Violente nous apprend à raisonner en termes d’émotions et de besoins : les nôtres et celles des autres (des enfants en l’occurrence).

On peut choisir de privilégier la relation au statut en trouvant des solutions qui conviennent à tout le monde :

  • Accueillir les émotions de l’enfant avec de l’écoute empathique (“tu ressens de la…”, “tu aurais aimé que…”, “tu as besoin de…”, “c’est difficile pour toi de… parce que…, c’est bien ça” ? )
  • Résumer le point de vue de l’enfant et demander confirmation de sa part
  • Exprimer ses propres émotions et besoins d’adulte en message Je (“je me sens… parce que j’ai besoin de…”)
  • Inviter l’enfant à faire un remue-méninge avec l’adulte pour trouver des solutions (“en réfléchissant ensemble, je me demande si on arriverait à trouver des façons plus efficaces de…”)
  • Ecrire toutes les idées sans les évaluer, sans en rejeter aucune
  • Choisir ensemble quelles sont les idées qui conviennent à chacun (c’est le temps de l’évaluation en fonction des besoins des personnes impliquées : il faut que la ou les idées retenues soit validées par tous dans une idée de consensus où les besoins de tous sont satisfaits)

Parfois (souvent même), cette approche de la résolution de conflits nécessite un retour au calme préalable : difficile de le faire à chaud ! On peut s’autoriser une pause pour éviter que la pression ne monte… ou alors un moment de reconnexion !

La qualité de l’interaction parent/enfant relève toujours de la responsabilité de l’adulte. On peut alors prendre une grande respiration pour ne pas se laisser emporter par la colère. Selon l’humeur et la situation, on peut choisir de se retirer physiquement et revenir sur le sujet plus tard en proposant à l’enfant un temps de résolution de conflit; on peut également choisir plutôt un moment de reconnexion (à travers une touche d’humour pour désamorcer la situation, un jeu de chahut, une proposition de moment partagé autour d’un goûter, d’un chocolat chaud, d’un jeu de société, d’un livre…). En agissant ainsi, on augmente les probabilités de coopération car les enfants se comportent bien quand ils se sentent bien.

 

2.Passer du temps de qualité ensemble par ailleurs

Des contestations récurrentes sont peut-être un signe que le réservoir émotionnel de l’enfant est vide, qu’il a besoin d’attention et de réassurance sur l’amour inconditionnel qui lui est porté. Quand les enfants se sentent aimés, soutenus, regardés, compris, ils sont moins enclins à se rebeller.

Peut-être que certains enfants ne seront pas réceptifs aux propositions de passer du temps ensemble et il est inutile de les forcer. L’essentiel est de passer le message : tu es aimé. et nous sommes disponibles si tu as envie de passer du temps avec nous.

3.Pratiquer le renforcement positif et les compliments descriptifs (différents des récompenses)

La formulation des compliments descriptifs passe par le fait de :

  • remarquer ce que l’enfant fait bien, ou au moins suffisamment bien (même un enfant très irritant fait chaque jour beaucoup de choses appropriées),
  • dire à l’enfant exactement ce qu’on constate,
  • éliminer toute forme de compliment évaluatif.

4.Prendre en compte les conditions extérieures (aménagement de la maison, temps libre, alimentation, sommeil…)

Quand les disputes et refus deviennent trop envahissants, il est possible que les origines se trouvent dans les conditions extérieures. Peut-être que l’enfant ne dort pas assez ? peut-être est-il stressé ou mange-t-il trop sucré ? peut-être n’a-t-il pas assez de temps libre pour jouer et se “poser” ? peut-être l’espace de vie à la maison ne permet-il pas de combler ses besoins (par exemple de mouvement, de créativité, de jeu…) ? l’enfant passe-t-il assez de temps dehors, en plein air au contact de la nature ?

5.Prendre soin de soi pour ne pas se laisser entrer en jeu de pouvoir

Prendre soin de soi en tant que parent : c’est possible et c’est même une obligation ! Nous ne sommes pas capables d’offrir le meilleur de nous-mêmes quand nous sommes fatigués, stressés et/ou frustrés.

Prendre soin de soi en tant que parent, on le lit partout et c’est bien plus facile à dire qu’à faire… comment s’y prendre concrètement ?

Pour pouvoir vivre ce sain égoïsme, il est important de ne pas confondre altruisme et ascétisme. Il ne sert à rien de dénigrer les plaisirs mais il s’agit de se connaître soi-même pour faire des choix ressourçants et énergisants en pleine conscience :

  • comment je me sens dans mon corps ? quel est le message envoyé par mon corps ? sur quels besoins mon corps attire-t-il mon attention ? est-ce que j’ai besoin de ralentir, de faire une pause ?
  • qu’est-ce qui est important pour moi ? comment je peux incarner mes valeurs ?
  • comment je peux être un bon.e ami.e pour moi-même ? comment je peux me donner de l’auto empathie ?
  • comment je peux nourrir mes besoins (de contribution, de compréhension, d’acceptation, d’utilité, d’appartenance, de repos, de calme, de relations sociales…) ?
  • comment je peux satisfaire moi-même mes besoins (des pistes ici avec les cartes besoins) ?
  • qu’est-ce qui provoque chez moi une sensation de plénitude, un état d’animation intérieure intense, un profond contentement de l’âme ?
  • comment je peux connaître ces états intérieurs plus souvent dans ma vie ? comment je peux les vivre au quotidien ?

L’idée des bulles d’air est d’avoir un support visuel accessible qui rappelle l’importance de prendre du temps pour soi (ne serait-ce que des “micro vacances” en savourant chaque instant de calme comme un café ou un thé dégusté tranquillement, quelques pages de lecture grignotées par ci, par là…).

Il s’agit de remplir ces 10 bulles d’air en notant dans chacune une chose simple qu’on aime faire, qui nous “nourrit” de l’intérieur. Ces activités peuvent être de toute nature et effectuées seul.e, en couple, en famille, entre ami.e.s : lire, prendre une douche chaude, faire une balade en forêt, aller courir, manger du chocolat, faire quelques postures de yoga, discuter avec un.e ami.e, écouter de la musique, danser, peindre, écrire…

Ces bulles d’air sont de vraies bouffées d’oxygène et plus elles sont belles, plus elles sont visibles dans la maison, plus elles seront un rappel efficace de ce “sain égoïsme”. Il est possible d’écrire avec des feutres colorés ou de dessiner dans les bulles pour ajouter une note de beauté et de gaieté.

Quand les bulles d’air sont remplies, elles peuvent être découpées et affichées bien en évidence (sur le frigo dans l’entrée, sur le miroir de la salle de bain…).

On peut alors se donner pour objectif de pratiquer au moins une des activités notées dans ces bulles par jour (et plus si possible).

A l’extérieur, il est possible de matérialiser ces moments de “micro vacances” en les écrivant sur un journal (par exemple un Bullet Journal par celles et ceux qui en ont un). L’idée est de bien s’imprégner de ces moments qui ont permis de se ressourcer. Il est aussi possible de les énumérer en fin de journée dans l’idée des 3 kifs par jour : célébrer tous les moments de petits et grands bonheurs en revivant les émotions et sensations associées.

Cette activité reprend l’idée du réservoir affectif à remplir. Quand notre réservoir affectif de parent est vide, nous sommes plus irritables, nous sommes épuisés, nous aurons du mal à être le parent que nous souhaitons être.

Fichier bulle d’air à venir

Extrait de : https://apprendreaeduquer.fr/

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