Avez vous un sommeil de qualité ?

Qu’est-ce qu’un sommeil de qualité ?

Une bonne nuit de sommeil peut être différente d’une personne à l’autre. Que vous soyez plutôt du soir ou du matin, écoutez votre chronotype. En effet, mieux vaut se pencher sur le compte de vos cycles de sommeil (par tranche d’1h30 environ) plutôt que de vous restreindre à une heure de coucher qui risque de ne pas être la vôtre, le tout est d’être régulier dans votre rythme.

Un sommeil de qualité est aussi un sommeil qui doit être suffisant en termes de quantité. Un adulte doit dormir 7 à 9h en moyenne (les athlètes sont à 10h !). Vos yeux doivent être fermés pendant toute cette durée de façon ininterrompue.

Pour vous sentir reposé le matin, votre sommeil doit avoir une durée et une qualité suffisantes. Commencez par vous poser deux questions :

  • Ai-je toujours entre 7 et 9 heures de sommeil ininterrompu ? (yeux fermés)
  • Quand je me réveille, est-ce que je me sens bien / plein d’énergie ?

Si ce n’est pas le cas, souvenez-vous que le sommeil est une composante essentielle d’un rythme de vie sain et favorable à votre longévité. Ces composantes peuvent être résumées en quatre piliers principaux :

  • Pratiquer une activité physique régulière
  • Couvrir ses besoins nutritionnels journaliers avec des aliments de qualité
  • Entretenir des liens sociaux avec ses semblables
  • Prêter attention à sa récupération grâce, au sommeil principalement
femme qui dort

L’impact du sommeil sur votre santé

Le sommeil est un véritable capital de bonne santé psychique et physique, un réel besoin vital de l’organisme. De bonnes habitudes de sommeil aident à soutenir de nombreux processus biologiques, tels que :

  • l’immunité ;
  • la santé mentale et les performances cognitives (le sommeil a une véritable action d’épuration du cerveau) ;
  • le bon fonctionnement du métabolisme ;
  • l’optimisation des taux hormonaux (testostérone, hormone de croissance, cortisol…) ;
  • la récupération de l’ensemble de l’organisme (nerveuse, musculaire, cardio vasculaire, hormonale, articulaire).

Un mauvais sommeil peut entraîner des processus sous-optimaux ou même un dysfonctionnement, tels que :

  • une plus grande prise de masse grasse et une perte de masse musculaire ;
  • si vous êtes au régime, une moins bonne perte de poids avec un ratio masse grasse/muscle défavorable) ;
  • une fonction cognitive affectée, un apprentissage et une mémorisation plus difficile ;
  • un risque de diabète accru ;
  • un impact sur les taux hormonaux comme la baisse du taux de testostérone ;
  • vous avez une moindre sensation de satiété, ce qui entraîne souvent un plus grand apport calorique et donc une prise de poids ;
  • cela affecte la santé cardiovasculaire, la santé mentale (favorise la dépression) et entraîne un risque de mortalité accrue ;
  • une moins bonne récupération accroît drastiquement votre risque de blessure.

Dormir suffisamment avec un sommeil de qualité suffisante n’est pas seulement une nécessité pour la santé, mais vous aide à mieux performer mentalement, physiquement, sexuellement et vous rend beaucoup plus heureux ! Ne passez pas à côté de choses simples pour améliorer vos nuits !

Une bonne nuit se prépare dès le lever !

Une vision positive des conflits entre enfants : 3 qualités pour “apprendre à se disputer”

Dans leur livre Le cerveau de votre enfant, Daniel Siegel et Tina Payne écrivent que tous les enfants passent par des conflits : c’est le dépassement de ces conflits et désaccords qui va permettre de tisser des liens avec leur entourage et d’acquérir des compétences socio-émotionnelles.

Siegel et Payne portent donc un regard positif sur les conflits. Les conflits peuvent être utilisés pour faire mûrir les enfants, plutôt que chercher à éviter tout désaccord ou à les balayer du revers de la main.

Les deux auteurs proposent 3 qualités à encourager chez les enfants pour apprendre à se disputer et développer des qualités relationnelles.

citation éducation

1. Voir à travers le regard d’autrui : aider les enfants à adopter un autre point de vue

Plus nous employons notre claire conscience pour observer le monde au travers du regard d’autrui, plus nous avons de chances de résoudre sainement les conflits. 

Daniel Siegel et Tina Payne proposent de

  • se connecter

Prendre en compte les émotions des enfants pour créer une connexion empathique entre l’enfant qui se plaint et vous

On dirait que tu es triste/ fâché(e)/ en colère. 

Ca t’a fait du mal quand X a dit ça. 

J’ai l’impression que tu es très blessé(e)/ que ce que X a dit t’a beaucoup touché(e)/ que tu lui en veux.

  • stimuler l’empathie

Interroger sur les réactions et émotions d’autrui

D’après toi, pourquoi X a dit ça ? 

Cela avait l’air de lui tenir à coeur. 

Peut-être qu’il/elle s’est fâché(e) parce-que… Qu’en penses-tu ? 

Tu as entendu ce qu’il/elle avait dit ? Il/elle ne voulait pas être arrosé.

Demander aux enfants de changer de point de vue leur est bénéfique, alors que les punitions et les leçons de morale ne leur apprennent rien en matière d’empathie.

Extrait du livre Le cerveau de votre enfant

Extrait du livre Le cerveau de votre enfant

2. Écouter ce qui ne se dit pas : apprendre la communication non verbale

Les indices verbaux en disent parfois plus que les mots. 

Daniel Siegel et Tina Payne conseillent de faire remarquer aux enfants le langage corporel et les expressions faciales des personnes avec lesquelles ils interagissent (par exemple : les épaules tombantes, la tête basse, le sourire crispé pour la déception ou la tristesse).

En aidant les enfants à faire ces simples observations, ils acquièrent de meilleurs outils pour comprendre et analyser les émotions des autres.

 

3. Réparer : faire ce qui est juste après un conflit pour passer à l’étape de la réconciliation

S’excuser est important (nous pouvons nous excuser en tant que parents lorsque nous sommes injustes, que nos paroles dépassent nos pensées, que nous avons des gestes ou des réactions disproportionnées afin de montrer l’exemple).

J’étais jaloux(se), c’est vrai, je suis désolé(e).

Parfois, un acte pourra aider la réparation du lien brisé par le conflit.

La réparation peut passer par le remplacement ou la réparation d’un objet cassé, le fait de nettoyer, mais aussi par un geste compatissant, un dessin ou une lettre d’excuse. L’idée est d’aider les enfants à se montrer attentionnés, à faire acte de contrition, ce qui montre qu’ils ont pensé aux émotions de l’autre et désirent trouver une façon de restaurer la relation.

Si ton jouet préféré était cassé, qu’est-ce qui t’aiderait à te sentir mieux ?

Qu’est-ce que tu peux faire à ce sujet ? 

On peut également suggérer aux enfants des idées pour réparer la relation et “faire la paix” :

roue résoudre un conflit enfants

Le jeu et le rire comme moyen de consolider les liens familiaux

Par ailleurs, Daniel Siegel et Tina Payne expliquent qu’on peut consolider les liens dans la fratrie par les jeux et le rire. Ils expliquent que des études récentes prouvent que l’entente future entre les frères et soeurs dépend de leur degré d’amusement pendant l’enfance.

Peu importe que les conflits soient fréquents, du moment qu’ils sont compensés par le jeu et le rire. Le vrai danger apparaît quand les frères et soeurs s’ignorent. Ils subissent moins de frictions, mais risquent de nouer des relations distantes et froides une fois adultes.

Ainsi, des activités ludiques ensemble (dessiner un monstre géant à la craie, monter un spectacle, préparer une surprise ensemble, jouer à des jeux de société, cuisiner, se liguer pour pourchasser les parents avec des coussins…) consolident les liens dans les fratries.

Toutes les activités en famille sur le principe de l’amusement augmentent le plaisir d’être en famille et montrent aux enfants que les rapports humains sont gratifiants et épanouissants.

Daniel Siegel et Tina Payne proposent plusieurs idées de jeux :

  • après le dîner, crier : “Toute le monde débarrasse son assiette, va chercher une couverture, puis on se retrouver dans le salon. Surprise-partie ce soir !”
  • improviser : un des membres de la famille commence une histoire, et au bout d’une phrase, la personne suivante prend le relais puis la troisième et ainsi de suite…

Herbicide naturel fait maison : une nouvelle portion de recettes efficaces pour gagner la lutte contre les mauvaises herbes

Les amateurs de jardinage sont de plus en plus conscients des produits qu’ils utilisent pour entretenir leurs végétaux, éliminer les pucerons et les autres ravageurs et pour enrichir le sol. Ceci explique pourquoi les engrais naturels et les désherbants organiques faits maison connaissent un véritable essor ces dernières années. Plus économiques, sans danger pour l’homme et pour l’environnement et surtout très efficaces, les méthodes naturelles et bio pour entretenir ses plantes et son jardin ont tout pour plaire. Étant donné que l’intérêt pour l’herbicide naturel ne cesse de s’approfondir, nous avons déniché une deuxième portion de recettes qui pourraient vous aider dans la lutte contre les mauvaises herbes.

L’herbicide naturel fait maison : une alternative saine, efficace et économique

herbicide naturel fait maison recettes efficaces et écologiques

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Les raisons pour lesquelles la préparation d’un herbicide naturel est devenue une pratique populaire parmi les jardiniers sont bien nombreuses. Au début de la liste, c’est bien-sûr la nature 100% écologique et inoffensive des ingrédients utilisés. Aucun danger donc pour vous, vos enfants, vos animaux de compagnie et l’environnement ! Il est tout aussi important de souligner l’efficacité incroyable de ces désherbants faits maison par rapport aux produits chimiques sur le marché. À ne pas oublier non plus que les alternatives maison sont très économiques. En plus de fabriquer juste la quantité nécessaire, vous avez probablement déjà la plupart des ingrédients dans votre garde-manger : vinaigre blanc, bicarbonate de soude, savon à vaisselle, huiles essentielles etc.

Désherbant naturel bicarbonate de soude et vinaigre

 

L’association de bicarbonate de soude et de vinaigre est une méthode très efficace pour vous débarrasser des mauvaises herbes dans votre jardin. Il y a deux approches à essayer :

Une solution à vaporiser

Versez un part de bicarbonate de soude dans un flocon pulvérisateur, puis ajoutez-y deux parts de vinaigre. La préparation va bouillonner pendant une minute. Une fois ce processus terminé, fermez le flocon et secouez soigneusement. Vaporisez la solution sur la zone à désherber. Traitez tous les jours jusqu’à ce que les mauvaises herbes disparaissent. Il est tout de même possible de saupoudrer une petite quantité de bicarbonate de soude directement sur les mauvaises herbes, puis versez un peu de vinaigre sur le dessus.

 

Une pâte à appliquer directement

Qu’il s’agisse d’éliminer des mauvaises herbes de votre gazon ou des plantes qui poussent profondément dans les fissures des trottoirs, la pâte de vinaigre et de bicarbonate de soude est un herbicide naturel qui fonctionne parfaitement dans les deux cas. Concoctez la pâte en mélangeant 2 parts de bicarbonate de soude et 1 part de vinaigre dans un bol. Remuez, puis appliquez la préparation à la base des mauvaises herbes. Répétez jusqu’à ce qu’elles disparaissent.

Le purin d’ortie comme un herbicide naturel

Le purin d’ortie est une potion à de nombreuses vertus. En plus d’être utilisée comme engrais de jardin naturel et bourré de nutriments, la préparation sert également d’herbicide naturel incroyablement efficace.

Méthode de préparation :

Coupez 10 kg d’ortie en petits morceaux et mettez-les dans 10L d’eau de pluie. Laissez macérer 3-4 jours, à une température de 18° à 20° C. Remuez une fois par jour.

*Prenez en compte que c’est un concentré qui doit être dilué et filtré avant d’être utilisé dans un pulvérisateur.

Le purin de rhubarbe : un désherbant naturel

 

En plus d’aider à enlever les pucerons sur les plantes, le purin de rhubarbe est un excellent désherbant naturel. La recette est super économique et elle se prépare facilement. Plongez 1 kg de feuilles de rhubarbe dans 10L d’eau et laissez macérer 3 jours. Filtrez et pulvérisez sur les herbes indésirables.

Désherbant naturel avec du gros sel : simple à utiliser et efficace

Le gros sel est un moyen incroyablement efficace pour tuer les mauvaises herbes qui poussent entre les pavés ou les dalles. Il est nécessaire de mettre une petite quantité de sel à la base des plantes. Il tuera les intrus et il sera lessivé par les pluies. Prenez en considération que le sel rendra le sol inhabitable pendant plusieurs mois, alors, assurez-vous de n’en appliquer qu’une petite quantité et uniquement aux endroits où c’est nécessaire. Évitez d’en mettre sur votre gazon ou d’autres plantes.

Désherbant naturel avec du sel d’Epsom et du vinaigre

Ingrédients :

  • 2 tasses de sel d’Epsom
  • 3,5L de vinaigre blanc, 5% d’acidité
  • ¼ tasse de détergent à vaisselle

Mélangez les ingrédients et vaporisez sur les mauvaises herbes. La préparation commence à agir immédiatement. Ce désherbant pourrait irriter la peau et les yeux. Prenez les mesures nécessaires pour vous protéger. Gardez à l’écart vos animaux de compagnie pendant que vous effectuez le traitement.

Les huiles essentielles vous viennent en aide dans la lutte contre les mauvaises herbes

La recette d’herbicide naturel que nous allons vous présenter ci-dessous est la solution parfaite pour vous débarrasser des mauvaises herbes qui poussent dans les fissures de l’allée de jardin, sur la terrasse ou le chemin carrossable.

Ingrédients :

  • 2L de vinaigre blanc
  • 1 c. à s. de détergent à vaisselle
  • 15 gouttes d’huile essentielle de girofle
  • 15 gouttes d’huile essentielle de menthe

Procurez-vous un flocon vaporisateur vide. Mettez-y d’abord le détergent à vaisselle, puis versez le vinaigre blanc. Remuez et incorporez les huiles essentielles. Remuez bien le tout. Les huiles essentielles ont tendance à flotter à la surface. Assurez-vous donc de secouer le flocon toutes les quelques minutes. Vaporisez l’herbicide naturel sur les mauvaises herbes dans le jardin, sur l’allée ou sur la terrasse. Vous verrez les brins les plus fins se faner dans quelques heures. En ce qui concerne les pissenlits et les végétaux qui s’enracinent profondément, ils hisseront le drapeau blanc le lendemain.

Écrans : quelles règles appliquer pour les enfants et adolescents

Pas de règle immuable !

Jesper Juul est un thérapeute danois qui propose une approche des relations familiales centrées sur l’équidignité qu’il définit comme le fait de tenir compte à la fois des besoins des enfants et de ceux des adultes sans porter atteinte à l’intégrité physique et psychologique des enfants. Ce point est très important et peut être mal interprété : il s’agit pour les parents d’affirmer leurs besoins et limites personnelles tout en entendant et prenant au sérieux les besoins et les émotions des enfants.

Dans l’approche de Jesper Juul, les enfants font preuve d’une responsabilité personnelle. Ils sont capable de choisir librement quand et à qui obéir. Ils se conforment à une règle parce qu’elle est bonne, juste, ne porte pas atteinte à la dignité humaine mais sert leur intérêt et l’intérêt collectif. L’autorité personnelle exercée par les parents permet aux enfants de développer une santé mentale forte et durable.

Cet article concerne surtout les enfants après 7/8 ans.

Concernant la question des écrans, Jesper Juul estime qu’il n’existe pas de règle immuable à appliquer. De toute façon, s’il y a des écrans dans la vie des enfants et adolescents, c’est bien que les adultes les y ont amenés car les écrans font partie de notre culture.

Si nous nous inquiétons des effets des écrans sur les enfants et adolescents, nous avons le droit de le leur l’exprimer : il suffit de dire comment nous jugeons nous-mêmes la question. Toutefois, s’exprimer et contrôler ne doivent pas être confondus. L’important est que les enfants connaissent les valeurs et opinions de leurs parents et que les adultes s’expriment dans un langage personnel qui n’attaque pas l’intégrité de l’enfant ou qui ne cherche pas à le contrôler.

Partager nos inquiétudes sans chercher à contrôler

Jesper Juul nous invite à expliquer simplement à nos enfants que nous craignons que cette activité leur fasse du mal (par exemple, que cela les énerve, que cela mine leur créativité ou leur niveau de vocabulaire, que cela dégrade leur capacité de concentration, que cela nuise à leur travail scolaire ou encore que cela perturbe le sommeil) même si, eux, semblent l’apprécier. Nous pouvons également partager nos inquiétudes quant au fait que les écrans induisent des compétitions dans la répartition du temps :

  • compétition entre le temps d’écran et le temps d’interactions familiales,

 

  • compétition entre le temps d’écran et le temps de sommeil,

 

  • compétition entre le temps d’écran statique et le temps de mouvement,

 

  • compétition entre un certain temps d’écran “futile” (jeux du type CandyCrush, temps long passé sur les réseaux sociaux à cause de mécanisme de captation du temps comme le scroll infini sur Facebook, les trois petits points sur les chats qui signalent que l’interlocuteur est en train d’écrire ou encore les étoiles sur Snapchat) et un temps de “qualité” (activités créatives manuelles, temps passé dans la nature, interactions “vivantes”, devoirs scolaires…),

 

  • compétition entre le temps qui participe à construire l’intelligence (même sur écran à travers le visionnage de reportages, la création d’exposé sous traitement de texte, l’utilisation de logiciel de carte mentale, les applications pédagogiques…) et celui qui crée des besoins superficiels (comme des vidéos d’influenceurs qui font de la publicité déguisée sans mentionner que les produits dont ils font la pub leur sont offerts par les marques ou qu’ils sont payés pour en parler).

Nous pouvons également expliquer le phénomène de “captologie” mis en place par les entreprises de réseaux sociaux afin de retenir l’attention des utilisateurs (quel que soit leur âge) pour qu’ils passent le plus de temps possible sur le réseau (et soient donc exposés à un maximum de publicité afin d’engranger un maximum d’argent). Nous en sommes d’ailleurs également victimes en tant qu’adultes.

Nous devrions toujours garder à l’esprit que nous disposons de dix ans maximum pendant lesquels nous prenons des décisions pour nos enfants. Ensuite, ils devront prendre eux-mêmes un nombre infini de décisions. Pourquoi ne pas laisser votre fils jouer à l’ordinateur et lui demander ensuite comment c’était et comment il se sent ? – Jesper Juul

Limiter le temps d’écran pour les enfants et adolescents ?

Nos messages contradictoires de parents

Jesper Juul remarque qu’il existe un grand paradoxe dans la manière qu’ont les adultes d’aborder la relation des enfants aux écrans. Il apparaît d’ailleurs difficile de définir précisément ce qu’on entend par écran : regarder un film à la télé, jouer à des jeux vidéo, utiliser une application pour apprendre à lire sur smartphone, échanger avec des amis sur les réseaux sociaux, lire un livre sur liseuse…

La plupart des adultes passent toute la journée avec les médias et devant l’ordinateur et cela ne leur nuit pas, mais ils jugent que les enfants ne doivent pas agir de même. C’est aussi le cas pour l’argent de poche. Les parents devraient se demander si cet argent de poche appartient bien à leur enfant ou toujours aux adultes. – Jesper Juul

Quand on interdit à un enfant d’accéder aux écrans, nous pouvons nous interroger sur notre propre consommation d’écran : quel exemple donnons-nous aux enfants en matière de consommation d’écrans ? qu’est-ce qui rend les écrans si désirables aux yeux des enfants ? serions-nous prêts à accepter les mêmes restrictions que celles que nous imposons aux enfants ?

Nous, les parents, aimerions que notre enfant pense par lui-même et décide librement mais, souvent, nous mettons en œuvre des moyens pour contrôler sa décision et la corriger si elle n’est pas conforme à ce que nous jugeons correct. En agissant ainsi, nous envoyons un message contradictoire : “tu peux choisir librement comment passer ton temps… mais uniquement à mes conditions !“.

Les parents ont évidemment le droit d’exposer leurs convictions mais vouloir contrôler la manière dont les enfants passent leur temps ne peut que donner naissance à des conflits. Nous pouvons plutôt exposer nos besoins et par exemple dire à l’enfant/ ado qu’il nous manque et que nous aimerions passer plus de temps avec lui (sans profiter de ce temps pour lui faire des leçons de morale).

La violence domestique est plus grave que la violence médiatique.

Parfois, c’est la question de la violence qui nous inquiète. Non seulement, ce n’est pas la violence que les enfants voient qui est déterminante mais celle qu’ils subissent, mais, de plus, le respect des logos Pegi permet de s’assurer que le jeu vidéo ou le film est approprié à l’âge du joueur.

Si vous trouvez que les images véhiculées dans ses jeux vidéo rendent votre enfant agressif, sachez que les cris et les paroles humiliantes que vous pouvez proférer au prétexte de le faire cesser de jouer sont plus nocifs que les images elles-mêmes ! – Edwige Antier (J’aide mon enfant à avoir confiance en lui)

 

Pour Jesper Juul, il n’existe que deux options :

  • conserver une relation intacte avec les enfants et accepter qu’ils fassent leurs propres expériences;

 

  • obliger les enfants à mentir par peur des représailles ou leçons de morale (et à faire leurs coups en douce comme le fait de passer des heures à jouer aux jeux vidéo chez les copains).

Tout le monde peut définir des règles et des limites, ce n’est pas sorcier. Tout l’art consiste à se comporter intelligemment quand les enfants enfreignent ces règles ou ne respectent pas les limites. – Jesper Juul

De tout temps, les parents ont nourri des craintes pour la santé (physique et mentale) de leurs enfants. Ainsi, au siècle dernier, les parents avaient peur que leurs enfants tombent malades s’ils écoutaient la radio et les journaux consacraient des articles à cet éventuel danger. Encore plus loin dans le temps, Socrate avait peur du papier car il estimait que, si les gens notaient les idées sur papier, alors la mémoire humaine serait inutile et disparaîtrait.

Pour aller plus loin : Les écrans ont-ils un effet causal sur le développement cognitif des enfants ? (sur le blog de Franck Ramus)

Un risque d’addiction des enfants et adolescents aux écrans ?

La mise en place d’une addiction est complexe

L’addiction est une maladie complexe car de nombreux facteurs doivent être présents pour qu’il y ait installation d’une conduite addictive. Les facteurs de risque dépendent de beaucoup de choses :

  • développement (les troubles du comportement précoce sont liés à l’installation d’un comportement addictif (anxiété, troubles du sommeil, troubles dépressifs…).,
  • neurobiologie,
  • cerveau,
  • génétique (les facteurs génétiques expliqueraient entre 40 et 70% des troubles addictifs -> traits de personnalité, TDAH par exemple),
  • environnement,
  • psychologie.

Les interactions gènes/ environnement participent de manière indissociable à l’expression de la vulnérabilité aux addictions. Ainsi, les facteurs environnementaux jouent un rôle crucial dans l’installation des conduites addictives :

  • stress environnemental (en lien avec les notes scolaires par exemple ou les disputes parentales),
  • disponibilité des moyens permettant l’installation de l’addiction (ex : présence d’écran personnel),
  • éducation (notamment la qualité du lien d’attachement avec les parents qui impacte la capacité à gérer le stress; négligence et violence éducative même ordinaire qui entraînent la mise en place d’une mémoire traumatique qui va générer des comportements d’évitement via le refuge dans les écrans),
  • présence ou absence et qualité de l’entourage (famille, amis).

Les interactions humaines et la qualité des relations, au-delà des discours anti écran

Ainsi, il est important de ne pas traiter seulement les symptômes (l’enfermement dans un monde virtuel ou le fait d’être scotché aux écrans) mais d’évaluer les racines. Il est intéressant de comprendre que l’éducation joue un certain rôle dans l’installation d’une addiction.

Quand l’enfant se sent entouré, soutenu, compris, aimé; qu’il se sent exister dans les yeux de ses parents; qu’il a du pouvoir personnel dans sa vie et qu’il peut prendre des décisions souveraines; qu’il a des occasions de jouer librement et de rencontrer des amis, de se sentir partie intégrante d’une communauté, alors l’enfant a moins de chance de développer une addiction aux écrans. Les écrans vont évidemment faire partie de sa vie puisque les écrans sont omniprésents dans notre culture mais ils ne seront qu’un outil culturel au même titre que les livres ou les stylos. Toutefois, d’autres facteurs peuvent entrer en jeu dans la surconsommation d’écran d’une personne (la présence de troubles autistiques par exemple).

De plus, pour une même activité et un même temps passé sur les écrans, les effets seront différents selon que les enfants sont seuls devant l’écran ou que les parents s’asseyent à côté de leurs enfants pour regarder la télévision ou les regarder jouer et parler du contenu avec eux.

Un humain n’existe pas seul et c’est le contact avec les autres qui forme notre humanité. Toute activité qui ne laisse pas de temps pour des interactions sociales humaines réelles (ou qui est un refuge consécutif à l’absence de lien chaleureux familial ou amical) est nuisible pour le développement et cela ne vaut pas seulement pour les écrans (c’est aussi le cas pour la pratique sportive solitaire ou l’immersion dans la lecture par exemple).

’exigence de performance et la peur d’échouer déconnectent les enfants de la joie de créer : comment libérer leur créativité ?

Dans son livre L’atelier des émotions, Mathilde Chevalier-Pruvo explique qu’il n’est pas possible de réaliser une activité artistique sans être connecté à son intuition et de s’autoriser à essayer et se lancer.

De nombreux adultes n’osent pas faire des activités créatives AVEC leurs enfants car ils ne s’estiment pas doués pour cela. Le plus souvent, les adultes proposent des activités créatives aux enfants et leur font faire mais y participent rarement.

Pourtant, les enfants savent bien que tout le monde est capable de peindre, de créer avec de la pâte à modeler ou de l’argile ou encore de dessiner.

Quand on est centré sur le plaisir de l’expérience artistique, il n’y a pas d’erreur possible car il n’y a pas de jugement, pas d’attente, pas de comparaison.

De plus en plus d’enfants éprouvent de l’anxiété à l’idée de rater, de mal faire ou de ne pas réussir. Même des enfants jeunes appréhendent de commencer un travail créatif et certains vont même jusqu’à déchirer leur dessin en s’écriant qu’ils sont nuls. Ces freins à la créativité touchent des enfants très jeunes mais aussi de très nombreux adultes.

Mathilde Chevalier-Pruvo regrette que la pression de l’exigence de performance et la peur d’échouer les ont déconnectés de la joie de créer.

Comment permettre aux enfants de créer sans se préoccuper du résultat, juste pour le plaisir de la création et de la joie éprouvée ?

Mathilde Chevalier-Pruvo formule quelques pistes pour libérer les enfants des attentes et jugements en lien avec le travail créatif et artistique.

  • Créer des créations éphémères

Les créations éphémères sont très intéressantes pour inciter les enfants à se focaliser sur le moment présent, sans penser au résultat qui ne sera pas conservé.

Par exemple, les adultes peuvent proposer aux enfants de dessiner sur un tableau ou une ardoise soit avec des craies, soit avec un pinceau trempé dans l’eau. Dans le second cas, l’enfant peut sans cesse recommencer son oeuvre car elle ne cesse de disparaître en séchant.

  • Rendre les enfants acteurs

Quand il est allé jusqu’au bout d’une création qui lui a demandé du temps et de l’attention ou quand il fabrique lui-même quelque chose qui peut s’acheter dans le commerce, son estime de soi se renforce.

Cette estime de soi n’est pas fondée sur l’extérieur, l’opinion des autres ou la pression de performance, mais elle vient de l’intérieur. C’est un état d’accomplissement et de plénitude qui lui permet de se sentir acteur et capable. Il a pu découvrir tous ses talents en les déployant.

  • Valoriser le processus plutôt que le résultat

Se focaliser sur le processus n’empêche pas l’enfant de se sentir fier. – Mathilde Chevalier-Pruvo

Quand nous regardons l’oeuvre d’un enfant, nous pouvons lui refléter avec des mots le plaisir qu’il a ressenti en la réalisant, décrire les couleurs et les matières utilisées plutôt que formuler un jugement de valeur du type « c’est beau » ou « c’est bien ».

Cette manière de faire apprend aux enfants à penser au processus créatif plutôt qu’au résultat; à leurs propres idées et émotions plutôt qu’aux compliments reçus de l’extérieur.

  • Mettre en place un coin créatif à la maison

Pour faciliter la réalisation des activités manuelles, il est intéressant de laisser le matériel artistique en libre accès, par exemple sur une petite étagère ou une desserte. S’il est installé dans une pièce de vie, cela donne souvent davantage envie de créer en famille. Nous pouvons le disposer par catégories dans des pots, des boîtes, des paniers ou sur des plateaux. L’enfant pourra ainsi plus facilement trouver ce dont il a besoin puis le ranger lorsqu’il aura terminé.

La diversité des outils disponibles offrent aux enfants la possibilité d’explorer et d’avoir des rendus très différents. Ces outils permettront de
multiplier les expériences sensorielles. En voici quelques exemples :

-de la gouache liquide;
-de l’aquarelle ou de la peinture à l’eau en pastilles ;
-des craies grasses en cire ;
-des crayons de couleur et des feutres de mines aux tailles différentes;
-des matières pour le modelage : argile, pâte à sel, pâte à modeler ;
-de la laine (elle peut être tissée par les plus grands et découpée et collée sur du papier par les plus jeunes) ;
-de vieux magazines pour les activités de découpage et de collage ;
-des éléments naturels qui seront ensuite peints (galets, coquillages) ou collés pour enrichir les créations (feuilles, fleurs, pétales, plumes) ;
-du papier en rouleau pour réaliser des fresques.

  • Autoriser les explorations (même salissantes)

Pour varier les activités créatives, nous pouvons laisser les enfants appliquer la peinture avec autre chose qu’un pinceau. Ils pourront ainsi travailler avec leurs mains et leurs doigts, mais aussi réaliser des empreintes en trempant dans la peinture la face d’un cube, une feuille d’arbre, la base ou le dessus d’un pot de yaourt. Pourquoi ne pas également laisser des traces sur la feuille à l’aide des roues d’une petite voiture ou des pieds d’une figurine en plastique ?

Par ailleurs, certains matériaux que les enfants affectionnent peuvent être faits maison, comme la pâte autodurcissante et la pâte à modeler.

4 jeux de présentation collective et de connaissance de soi pour les enfants (5-10 ans)

Dans ce type d’activités, la posture de l’adulte est importante :

  • assurer un cadre bienveillant (chacun a le droit d’avoir ses idées et on ne se moque pas des autres; il n’y a pas de mauvaise ni de bonne réponse);
  • donner le droit de ne pas intervenir (chaque enfant a le droit de ne pas vouloir s’exprimer et c’est OK)
  • donner l’exemple de ce qui est attendu en répondant honnêtement aux questions (l’adulte favoriser la compréhension des consignes par les enfants et sa participation crée du lien à travers le partage d’expérience personnelle avec les enfants)

Ces petits jeux peuvent être utilisés pour des activités de présentation collective en début d’année scolaire. Ils participent à une éducation émotionnelle et relationnelle à travers une meilleure connaissance de soi et des autres.

Jeu de transformation

L’adulte invite les enfants à un jeu d’imagination : si vous deviez vous transformer en animal, quel animal aimeriez-vous être ? Pourquoi ? Qu’aimez-vous au sujet de cet animal ?

Les enfants auront un temps de pause pour réfléchir. Ils pourront en discuter entre eux.

Après ce temps de pause, un tour d’échange permettra à chacun (s’il le souhaite) de s’exprimer : “J’aimerais être X parce que…”.

Mes fiertés

L’adulte invite les enfants à nommer quelque chose qu’ils sont capables de faire, qu’ils savent bien faire. L’idée est de les amener à réfléchir à au moins une chose qu’ils savent faire et dont ils sont fiers. Cela peut être en rapport avec l’école ou pas du tout (exemples : jouer au foot, raconter des blagues, avoir réussi à passer au niveau supérieur aux jeux vidéos…). Cela peut être quelque chose pour laquelle leurs compétences et qualités ont été remarquées par d’autres.

Les enfants auront un temps de pause pour réfléchir sur la chose qu’ils choisiront, pourquoi ils en sont fiers et les émotions qu’ils éprouvent en pensant à cette activité.

Après ce temps de pause, un tour d’échange permettra à chacun (s’il le souhaite) de s’exprimer : “Je sais bien faire X et j’aime ça parce que…”.

Ce que j’aime chez moi

L’adulte invite les enfants à réfléchir à la question : Qu’aimez-vous en vous ? Cela peut avoir rapport avec des particularités physiques (exemple : mes tâches de rousseur), des qualités, des forces, des talents…

Après un temps de pause, un tour d’échange permettra à chacun (s’il le souhaite) de s’exprimer : “Ce que j’aime chez moi, c’est…”

Mon badge/ mon chevalet

Une fois ce travail réalisé, il est possible de s’appuyer dessus pour réaliser un badge de présentation (ou un chevalet en papier à poser sur la table). Pour le badge, prévoir des bandes de papier vierges; pour le chevalet, une feuille A 4 à plier.

Le badge sera réalisé selon ces consignes :

  • le prénom
  • l’animal nommé lors du premier jeu (les enfants ont le droit de changer d’avis parce que le fait d’avoir entendu les autres et d’avoir répondu aux deux autres questions peut avoir fait évoluer leur perception d’eux-mêmes)
  • des couleurs et dessins décoratifs qui expriment leur personnalité, ce qu’ils aiment chez eux

Les enfants peuvent utiliser à leur façon les couleurs et tout le matériel disponible (ciseaux, colle, pochoirs, autocollants… selon vos disponibilités) pour trouver leur propre forme, taille, couleur… Ils ont le droit de découper, de faire des collages, de mélanger lettres et dessins..

L’objectif est que le badge ou le chevalet soit aussi représentatif que possible de qui ils sont et qu’il leur plaise à eux et leur rappelle leur personnalité avec ses forces et ses particularités uniques.

 

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